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 Poèmes

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Elias



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MessageSujet: Poèmes   Dim 21 Juin 2009 - 12:51

Un poème vous a-t-il favorablement ou défavorablement impressionné ? Mettez-le ici, pour qu'on puisse en faire la glose...

Voici le premier de ce topic, que j'espère long et fourni, qui appartient au genre moyenâgeux de la fatrasie.

FATRAS (Guillaume Flamant, chanoine de Langres)


O poison pire que mortel,
Me ferez-vous crever le cœur ?

O poison pire que mortel,
Qui me tient en telle tutelle
Que n'ai ni force ni vigueur;
Envieuse et fausse querelle,
Plus pute que n'est maquerelle,
Trop me plains de votre rigueur.
Où est Satan, mon gouverneur,
Qui ne vient pas quand je l'appelle ?
O folle, infernale fureur;
Diables pleins de toute cautelle,
Me ferez-vous crever le cœur ?
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MessageSujet: Re: Poèmes   Dim 21 Juin 2009 - 13:14

Delphine et Hippolyte (Baudelaire - Les fleurs du Mal).

À la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur,
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

Elle cherchait, d'un oeil troublé par la tempête,
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus dépassés le matin.

De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L'air brisé, la stupeur, la morne volupté,
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

Étendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.

Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,
Comme pour recueillir un doux remercîment.

Elle cherchait dans l'oeil de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir,
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.

- "Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses?
Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir
L'holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir?

"Mes baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants;

"Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de boeufs aux sabots sans pitié...
Hippolyte, ô ma soeur! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,

"Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles!
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles
Et je t'endormirai dans un rêve sans fin!"

Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête:
- "Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.

"Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.

"Avons-nous donc commis une action étrange?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi:
Je frissonne de peur quand tu me dis: 'Mon ange!'
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

"Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée!
Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,
Quand même tu serais une embûche dressée
Et le commencement de ma perdition!"

Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L'oeil fatal, répondit d'une voix despotique:
- "Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer?

"Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté!

"Celui qui veut unir dans un accord mystique
L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
À ce rouge soleil que l'on nomme l'amour!

"Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide;
Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers;
Et, pleine de remords et d'horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...

"On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître!"
Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain: "Je sens s'élargir dans mon être
Un abîme béant; cet abîme est mon coeur!

"Brûlant comme un volcan, profond comme le vide!
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.

"Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos!
Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux!"

- Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l'enfer éternel!
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,

Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage.
Ombres folles, courez au but de vos désirs;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.

L'âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et roidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.

Loin des peuples vivants, errantes, condamnées,
À travers les déserts courez comme les loups;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l'infini que vous portez en vous!

Un de mes préférés en fait.


Dernière édition par Pinkwater le Dim 21 Juin 2009 - 15:46, édité 1 fois
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Elias



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MessageSujet: Re: Poèmes   Dim 21 Juin 2009 - 14:04

Bon choix. Pourquoi le spoiler?

Le genre de texte qui doit être affiché et placardé en Helvetica 288.
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Ji Yeon

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MessageSujet: Re: Poèmes   Dim 21 Juin 2009 - 14:33

Ce poème est vraiment superbe. Je ne m'en lasse pas.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Dim 21 Juin 2009 - 15:46

Parce qu'il est long ^^
Mais bon, je modifie si ça peut te faire plaisir.

Je reconnais mais Helvetica 288 n'existe pas ici Sad
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H

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MessageSujet: Re: Poèmes   Dim 21 Juin 2009 - 18:27

    La nuit d'août, Alfred de Musset.

    LA MUSE

    Depuis que le soleil, dans l'horizon immense,
    A franchi le Cancer sur son axe enflammé,
    Le bonheur m'a quittée, et j'attends en silence
    L'heure où m'appellera mon ami bien-aimé.
    Hélas ! depuis longtemps sa demeure est déserte ;
    Des beaux jours d'autrefois rien n'y semble vivant.
    Seule, je viens encor, de mon voile couverte,
    Poser mon front brûlant sur sa porte entr'ouverte,
    Comme une veuve en pleurs au tombeau d'un enfant.

    LE POÈTE

    Salut à ma fidèle amie !
    Salut, ma gloire et mon amour !
    La meilleure et la plus chérie
    Est celle qu'on trouve au retour.
    L'opinion et l'avarice
    Viennent un temps de m'emporter.
    Salut, ma mère et ma nourrice !
    Salut, salut consolatrice !
    Ouvre tes bras, je viens chanter.

    LA MUSE

    Pourquoi, coeur altéré, coeur lassé d'espérance,
    T'enfuis-tu si souvent pour revenir si tard ?
    Que t'en vas-tu chercher, sinon quelque hasard ?
    Et que rapportes-tu, sinon quelque souffrance ?
    Que fais-tu loin de moi, quand j'attends jusqu'au jour ?
    Tu suis un pâle éclair dans une nuit profonde.
    Il ne te restera de tes plaisirs du monde
    Qu'un impuissant mépris pour notre honnête amour.
    Ton cabinet d'étude est vide quand j'arrive ;
    Tandis qu'à ce balcon, inquiète et pensive,
    Je regarde en rêvant les murs de ton jardin,
    Tu te livres dans l'ombre à ton mauvais destin.
    Quelque fière beauté te retient dans sa chaîne,
    Et tu laisses mourir cette pauvre verveine
    Dont les derniers rameaux, en des temps plus heureux,
    Devaient être arrosés des larmes de tes yeux.
    Cette triste verdure est mon vivant symbole ;
    Ami, de ton oubli nous mourrons toutes deux,
    Et son parfum léger, comme l'oiseau qui vole,
    Avec mon souvenir s'enfuira dans les cieux.

    LE POÈTE

    Quand j'ai passé par la prairie,
    J'ai vu, ce soir, dans le sentier,
    Une fleur tremblante et flétrie,
    Une pâle fleur d'églantier.
    Un bourgeon vert à côté d'elle
    Se balançait sur l'arbrisseau ;
    Je vis poindre une fleur nouvelle ;
    La plus jeune était la plus belle :
    L'homme est ainsi, toujours nouveau.

    LA MUSE

    Hélas ! toujours un homme, hélas ! toujours des larmes !
    Toujours les pieds poudreux et la sueur au front !
    Toujours d'affreux combats et de sanglantes armes ;
    Le coeur a beau mentir, la blessure est au fond.
    Hélas ! par tous pays, toujours la même vie :
    Convoiter, regretter, prendre et tendre la main ;
    Toujours mêmes acteurs et même comédie,
    Et, quoi qu'ait inventé l'humaine hypocrisie,
    Rien de vrai là-dessous que le squelette humain.
    Hélas ! mon bien-aimé, vous n'êtes plus poète.
    Rien ne réveille plus votre lyre muette ;
    Vous vous noyez le coeur dans un rêve inconstant ;
    Et vous ne savez pas que l'amour de la femme
    Change et dissipe en pleurs les trésors de votre âme,
    Et que Dieu compte plus les larmes que le sang.

    LE POÈTE

    Quand j'ai traversé la vallée,
    Un oiseau chantait sur son nid.
    Ses petits, sa chère couvée,
    Venaient de mourir dans la nuit.
    Cependant il chantait l'aurore ;
    Ô ma Muse, ne pleurez pas !
    À qui perd tout, Dieu reste encore,
    Dieu là-haut, l'espoir ici-bas.

    LA MUSE

    Et que trouveras-tu, le jour où la misère
    Te ramènera seul au paternel foyer ?
    Quand tes tremblantes mains essuieront la poussière
    De ce pauvre réduit que tu crois oublier,
    De quel front viendras-tu, dans ta propre demeure,
    Chercher un peu de calme et d'hospitalité ?
    Une voix sera là pour crier à toute heure :
    Qu'as-tu fait de ta vie et de ta liberté ?
    Crois-tu donc qu'on oublie autant qu'on le souhaite ?
    Crois-tu qu'en te cherchant tu te retrouveras ?
    De ton coeur ou de toi lequel est le poète ?
    C'est ton coeur, et ton coeur ne te répondra pas.
    L'amour l'aura brisé ; les passions funestes
    L'auront rendu de pierre au contact des méchants ;
    Tu n'en sentiras plus que d'effroyables restes,
    Qui remueront encor, comme ceux des serpents.
    Ô ciel ! qui t'aidera ? que ferai-je moi-même,
    Quand celui qui peut tout défendra que je t'aime,
    Et quand mes ailes d'or, frémissant malgré moi,
    M'emporteront à lui pour me sauver de toi ?
    Pauvre enfant ! nos amours n'étaient pas menacées,
    Quand dans les bois d'Auteuil, perdu dans tes pensées,
    Sous les verts marronniers et les peupliers blancs,
    Je t'agaçais le soir en détours nonchalants.
    Ah ! j'étais jeune alors et nymphe, et les dryades
    Entr'ouvraient pour me voir l'écorce des bouleaux,
    Et les pleurs qui coulaient durant nos promenades
    Tombaient, purs comme l'or, dans le cristal des eaux.
    Qu'as-tu fait, mon amant, des jours de ta jeunesse ?
    Qui m'a cueilli mon fruit sur mon arbre enchanté ?
    Hélas ! ta joue en fleur plaisait à la déesse
    Qui porte dans ses mains la force et la santé.
    De tes yeux insensés les larmes l'ont pâlie ;
    Ainsi que ta beauté, tu perdras ta vertu.
    Et moi qui t'aimerai comme une unique amie,
    Quand les dieux irrités m'ôteront ton génie,
    Si je tombe des cieux, que me répondras-tu ?

    LE POÈTE

    Puisque l'oiseau des bois voltige et chante encore
    Sur la branche où ses oeufs sont brisés dans le nid ;
    Puisque la fleur des champs entr'ouverte à l'aurore,
    Voyant sur la pelouse une autre fleur éclore,
    S'incline sans murmure et tombe avec la nuit,

    Puisqu'au fond des forêts, sous les toits de verdure,
    On entend le bois mort craquer dans le sentier,
    Et puisqu'en traversant l'immortelle nature,
    L'homme n'a su trouver de science qui dure,
    Que de marcher toujours et toujours oublier ;

    Puisque, jusqu'aux rochers tout se change en poussière ;
    Puisque tout meurt ce soir pour revivre demain ;
    Puisque c'est un engrais que le meurtre et la guerre ;
    Puisque sur une tombe on voit sortir de terre
    Le brin d'herbe sacré qui nous donne le pain ;

    Ô Muse ! que m'importe ou la mort ou la vie ?
    J'aime, et je veux pâlir ; j'aime et je veux souffrir ;
    J'aime, et pour un baiser je donne mon génie ;
    J'aime, et je veux sentir sur ma joue amaigrie
    Ruisseler une source impossible à tarir.

    J'aime, et je veux chanter la joie et la paresse,
    Ma folle expérience et mes soucis d'un jour,
    Et je veux raconter et répéter sans cesse
    Qu'après avoir juré de vivre sans maîtresse,
    J'ai fait serment de vivre et de mourir d'amour.

    Dépouille devant tous l'orgueil qui te dévore,
    Coeur gonflé d'amertume et qui t'es cru fermé.
    Aime, et tu renaîtras ; fais-toi fleur pour éclore.
    Après avoir souffert, il faut souffrir encore ;
    Il faut aimer sans cesse, après avoir aimé.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Lun 22 Juin 2009 - 12:18

LXXVIII - Spleen (Baudelaire - Les fleurs du Mal)

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Sam 11 Juil 2009 - 16:12

Cage d'oiseau (Hector de Saint-Denys Garneau)


Je suis une cage d'oiseau
Une cage d'os
Avec un oiseau

L'oiseau dans sa cage d'os
C'est la mort qui fait son nid

Lorsque rien n'arrive
On entend froisser ses ailes

Et quand on a ri beaucoup
Si l'on cesse tout à coup
On l'entend qui roucoule
Au fond
Comme un grelot

C'est un oiseau tenu captif
La mort dans ma cage d'os

Voudrait-il pas s'envoler
Est-ce vous qui le retiendrez
Est-ce moi
Qu'est-ce que c'est

Il ne pourra s'en aller
Qu'après avoir tout mangé
Mon cœur
La source de sang
Avec la vie dedans

Il aura mon âme au bec.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Sam 11 Juil 2009 - 18:01

Soleils couchants de Verlaine

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils
défilent sans trêves,
défilent, pareils
A des grands soleils
Couchants sur les grèves.
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H

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MessageSujet: Re: Poèmes   Sam 11 Juil 2009 - 18:38

    L'éclairage du pénitencier, René Char.

    Ta nuit je l'ai voulue si courte que ta marâtre taciturne fut vieille avant d'en avoir conçu les pouvoirs.

    J'ai rêvé d'être à ton côté ce fugitif harmonieux, à la personne à peine indiquée, au bénéfice provenant de route triste et d'angélique. Nul n'ose le retarder.

    Le jour s'est soudain resserré. Perdant tous les morts que j'aimais, je congédie ce chien la rose, dernier vivant, distrait été.

    Je suis l'exclu et le comblé. Achevez-moi, beauté planeuse, ivres paupières mal fermées. Chaque plaie met à la fenêtre ses yeux de phénix éveillé. La satisfaction de résoudre chante et gémit dans l'or du mur.

    Ce n'est encore que le vent du joug.
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Onagre



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MessageSujet: Re: Poèmes   Sam 11 Juil 2009 - 21:39

Mélancolie a écrit:
Soleils couchants de Verlaine

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils
défilent sans trêves,
défilent, pareils
A des grands soleils
Couchants sur les grèves.


Oh, j'avais fait tout un travail sur ce poème en secondaire, je me rappelle. j'avais cartonné en plus Smile
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MessageSujet: Re: Poèmes   Sam 11 Juil 2009 - 21:42

Il est beau n'est ce pas ? (dis oui, dis oui Razz )
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Onagre



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MessageSujet: Re: Poèmes   Sam 11 Juil 2009 - 22:56

J'avais pas choisi de l'analyser pour rien! J'adore son rythme en fait.
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andy

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MessageSujet: Re: Poèmes   Dim 12 Juil 2009 - 22:50

Kagu a écrit:
L'éclairage du pénitencier, René Char.
J'adore !

Éloge de Clémence Isaure de Jean-Jacques Lefranc de Pompignan

Ainsi quand le Flambeau du Monde
Loin de nous parcourt d’autres Cieux
Et qu’une obscurité profonde
Cache les astres à nos yeux,
Souvent une vapeur légère
Forme une étoile passagère
Dont l’éclat un instant nous luit ;
Mais elle rentre au sein de l’ombre
Et par sa fuite rend plus sombre
Le voile immense de la nuit.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Dim 12 Juil 2009 - 23:56

Petit globe de cris­tal,
Petit globe de la terre,
Je vois au tra­vers de toi
Ma jolie boule de verre.

Nous som­mes tous enfer­més
Dans ton sein dur et sévère
Mais si poli, si lus­tré
Arrondi par la lumière.

Les uns : ce che­val qui court
Une dame qui s’arrête
Cette fleur dans ses atours
Un enfant sur sa pla­nète.

Les autres : assis à table
Ou fumant un petit peu,
D’autres cou­chés dans le sable
Ou chauf­fant leurs mains au feu,

Et nous tour­nons sur nous-mêmes
Sans ver­tige et sans effort
Pareils au ciel, à ses pier­res
Nous lui­sons comme la mort.

Jules Super­vielle / La terre / Débar­ca­dè­res (1927)
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MessageSujet: Re: Poèmes   Ven 17 Juil 2009 - 16:13

    Angoisse, Arthur Rimbaud.

    Se peut-il qu'Elle me fasse pardonner les ambitions continuellement écrasées, - qu'une fin aisée répare les âges d'indigence, - qu'un jour de succès nous endorme sur la honte de notre inhabileté fatale ?
    (Ô palmes ! diamant ! - Amour, force ! - plus haut que toutes joies et gloires ! - de toutes façons, partout, - Démon, dieu, - Jeunesse de cet être-ci ; moi !)
    Que des accidents de féerie scientifique et des mouvements de fraternité sociale soient chéris comme restitution progressive de la franchise première ?...
    Mais la Vampire qui nous rend gentils commande que nous nous amusions avec ce qu'elle nous laisse, ou qu'autrement nous soyons plus drôles.
    Rouler aux blessures, par l'air lassant et la mer ; aux supplices, par le silence des eaux et de l'air meurtriers ; aux tortures qui rient, dans leur silence atrocement houleux.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Ven 17 Juil 2009 - 16:26

A une passante - Charles Beaudelaire.

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
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Astyan



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MessageSujet: Re: Poèmes   Ven 17 Juil 2009 - 18:39

Y'a même pas If de Kipling? je vous mets la traduction datant de 1918

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.
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H

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MessageSujet: Re: Poèmes   Lun 27 Juil 2009 - 11:14

    Bon, même si c'est plutôt de la chanson, Léo Ferré reste un poète. Donc je mets ça ici.

    Thank you, Satan.

    Pour la flamme que tu allumes
    Au creux d'un lit pauvre ou rupin ;
    Pour le plaisir qui s'y consume
    Dans la toile ou dans le satin ;
    Pour les enfants que tu ranimes
    Au fond des dortoirs chérubins ;
    Pour les pétales anonymes
    Comme la rose du matin,
    Thank you, Satan.

    Pour le voleur que tu recouvres
    De ton chandail tendre et rouquin ;
    Pour les portes que tu lui ouvres
    Sur la tanière des rupins ;
    Pour le condamné que tu veilles
    A l'Abbaye du monte en l'air ;
    Pour le rhum que tu lui conseilles
    Et le mégot que tu lui sers,
    Thank you, Satan.

    Pour les étoiles que tu sèmes
    Dans le remords des assassins
    Et pour ce cœur qui bat quand même
    Dans la poitrine des putains ;
    Pour les idées que tu maquilles
    Dans la tête des citoyens ;
    Pour la prise de la Bastille
    Même si ça ne sert à rien,
    Thank you, Satan.

    Pour le prêtre qui s'exaspère
    A retrouver le doux agneau,
    Pour le pinard élémentaire
    Qu'il prend pour du Château Margaux ;
    Pour l'anarchiste à qui tu donnes
    Les deux couleurs de ton pays,
    Le rouge pour naître à Barcelone,
    Le noir pour mourir à Paris,
    Thank you, Satan.

    Pour la sépulture anonyme
    Que tu fis à Monsieur Mozart,
    Sans croix ni rien, sauf pour la frime,
    Un chien, croquemort du hasard ;
    Pour les poètes que tu glisses
    Au chevet des adolescents,
    Quand poussent dans l'ombre complice
    Des fleurs du mal de dix-sept ans,
    Thank you, Satan.

    Pour le péché que tu fais naître
    Au sein des plus raides vertus
    Et pour l'ennui qui va paraître
    Au coin des lits où tu n'es plus ;
    Pour les ballots que tu fais paître
    Dans le pré comme des moutons ;
    Pour ton honneur à ne paraître
    Jamais à la télévision,
    Thank you, Satan.

    Pour tout cela et plus encor,
    Pour la solitude des rois,
    Le rire des têtes de morts,
    Le moyen de tourner la loi.
    Et qu'on ne me fasse point taire
    Et que je chante pour ton bien,
    Dans ce monde où les muselières
    Ne sont pas faites pour les chiens...
    Thank you, Satan !
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MessageSujet: Re: Poèmes   Dim 6 Sep 2009 - 2:11

Les belles bêtes blanches qui te mangent les joues
Les pierres impatientes qui te creusent les yeux
Ce ciel en ruines que tu montres toi la muette
Aux personnages du plafond tremblant des bruits nocturnes de la rue
Ce mur d'où se détache chaque nuit ton portrait
S'écroule dans la mer que tu aimais
Les veines s'éteignent dans ta nuque
Soumise à mon regard
Le polichinelle de verre qui s'appelle l'air
Danse légèrement sur ton sein sombre

André Breton, René Char, Paul Éluard / Le partage / Ralentir travaux (1930).

______________________________________________

Le monde renversé serait charmant
Dans les yeux de l'anti-homme
Quel sablier que la terre
Quels vases communicants que la naissance et la mort
L'apparition du métal dans les brumes de l'agonie
Des éclats meurtriers dans l'homme qu'on oublie
Le monde entier s'est dégradé les éléments n'y pouvaient rien
S'est dégradé par la constance et l'ordre l'idée d'homme
Ne valait rien ses ennemis ont triomphé de ce fantôme
Qui se sustentait dans les express-bars un peu après la fermeture
Le pont sur tout le monde c'est un cri que vous entendrez
Sans en croire la vie et passant par la paupière close
De la terre un cri qui assourdit à jamais la mort et ses œuvres

André Breton, René Char, Paul Éluard / L'enjeu inutile / Ralentir travaux (1930).
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MessageSujet: Re: Poèmes   Ven 18 Sep 2009 - 11:50

L'homme vient, l'homme s'en va, laissant derrière lui
Les os blanchissants qui portaient sa luxure ;
Le palefroi de ses amours et de ses haines
Est remisé, pour en finir, dans la poussière.

Il dupait l'autre et l'autre le portait
Jusqu'au bord extrême du désir ;
Mais maintenant que le désir est satisfait, il découvre
Que c'était le coursier qui le dupait.

William Faulkner, Un Rameau vert, 1933.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Mar 16 Fév 2010 - 10:40

Couchée, Robert Desnos


À droite, le ciel, à gauche, la mer.
Et devant les yeux, l’herbe et ses fleurs.
Un nuage, c’est la route, suit son chemin vertical
Parallèlement à l’horizon de fil à plomb,
Parallèlement au cavalier.
Le cheval court vers sa chute imminente
Et cet autre monte interminablement.
Comme tout est simple et étrange.
Couchée sur le côté gauche,
Je me désintéresse du paysage
Et je ne pense qu’a des choses très vagues,
Très vagues et très heureuses,
Comme le regard las que l’on promène
Par ce bel après-midi d’été
À droite, à gauche,
De-ci, de-là,
Dans le délire de l’inutile.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Mar 16 Fév 2010 - 11:05

Lumières du Nord, Paul Auster

Voici les mots
qui ne survivent pas au monde. Et les dire
est s'évanouir

dans le monde. Inaccessible
lumière
qui point au-dessus de la terre, suscitant
le bref miracle

de l'oeil ouvert -

et le jour qui se répandra
comme un feu de feuilles
à travers le premier vent frais
d'octobre

consumant le monde

dans la langue simple
du désir.
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H

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MessageSujet: Re: Poèmes   Lun 8 Mar 2010 - 1:05

Damned, je ne sais pas pourquoi je ne l'ai pas encore mis, c'est un de mes poèmes préférés.

La nuit de l'enfer, Arthur Rimbaud.

J'ai avalé une fameuse gorgée de poison. - Trois fois béni soit le conseil qui m'est arrivé ! - Les entrailles me brûlent. La violence du venin tord mes membres, me rend difforme, me terrasse. Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier. C'est l'enfer, l'éternelle peine ! Voyez comme le feu se relève ! Je brûle comme il faut. Va, démon !
J'avais entrevu la conversion au bien et au bonheur, la salut. Puis-je décrire la vision, l'air de l'enfer ne souffre pas les hymnes ! C'était des millions de créatures charmantes, un suave concert spirituel, la force et la paix, les nobles ambitions, que sais-je ?
Les nobles ambitions !
Et c'est encore la vie ! - Si la damnation est éternelle ! Un homme qui veut se mutiler est bien damné, n'est-ce-pas ? Je me crois en enfer, donc j'y suis. C'est l'exécution du catéchisme. Je suis esclave de mon baptême. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre. Pauvre innocent ! l'enfer ne peut attaquer les païens. - C'est la vie encore ! Plus tard, les délices de la damnation seront plus profondes. Un crime, vite, que je tombe au néant, de par la loi humaine.
Tais-toi, mais tais-toi !... C'est la honte, le reproche, ici : Satan qui dit que le feu est ignoble, que ma colère est affreusement sotte. - Assez !... Des erreurs qu'on me souffle, magies, parfums faux, musiques puériles. - Et dire que je tiens la vérité, que je vois la justice : j'ai un jugement sain et arrêté, je suis prêt pour la perfection... Orgueil. - La peau de ma tête se dessèche. Pitié ! Seigneur, j'ai peur. J'ai soif, si soif ! Ah ! l'enfance, l'herbe, la pluie, le lac sur les pierres, le clair de lune quand le clocher sonnait douze... le diable est au clocher, à cette heure. Marie ! Sainte-Vierge !... - Horreur de ma bêtise.
Là-bas, ne sont-ce pas des âmes honnêtes, qui me veulent du bien... Venez... J'ai un oreiller sur la bouche, elles ne m'entendent pas, ce sont des fantômes. Puis, jamais personne ne pense à autrui. Qu'on n'approche pas. Je sens le roussi, c'est certain.
Les hallucinations sont innombrables. C'est bien ce que j'ai toujours eu : plus de foi en l'histoire, l'oubli des principes. Je m'en tairai : poètes et visionnaires seraient jaloux. Je suis mille fois le plus riche, soyons avare comme la mer.
Ah ça ! l'horloge de la vie s'est arrêtée tout à l'heure. Je ne suis plus au monde. - La théologie est sérieuse, l'enfer est certainement en bas - et le ciel en haut. - Extase, cauchemar, sommeil dans un nid de flammes.
Que de malices, dans l'attention dans la campagne... Satan, Ferdinand, court avec les graines sauvages... Jésus marche sur les ronces purpurines, sans les courber... Jésus marchait sur les eaux irritées. La lanterne nous le montra debout, blanc et des tresses brunes, au flanc d'une vague d'émeraude...
Je vais dévoiler tous les mystères : mystères religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, passé, cosmogonie, néant. Je suis maître en fantasmagories.
Écoutez !...
J'ai tous les talents ! - Il n'y a personne ici et il y a quelqu'un : je ne voudrais pas répandre mon trésor. - Veut-on des chants nègres, des danses de houris ? Veut-on que je disparaisse, que je plonge à la recherche de l'anneau ? Veut-on ? Je ferai de l'or, des remèdes.
Fiez-vous donc à moi, la foi soulage, guide, guérit. Tous, venez, - même les petits enfants, - que je vous console, qu'on répande pour vous son coeur, - le coeur merveilleux ! - Pauvres hommes, travailleurs ! Je ne demande pas de prières ; avec votre confiance seulement, je serai heureux.
- Et pensons à moi. Ceci me fait un peu regretter le monde. J'ai de la chance de ne pas souffrir plus. Ma vie ne fut que folies douces, c'est regrettable.
Bah ! faisons toutes les grimaces imaginables.
Décidément, nous sommes hors du monde. Plus aucun son. Mon tact a disparu. Ah ! mon château, ma Saxe, mon bois de saules. Les soirs, les matins, les nuits, les jours... Suis-je las !
Je devrais avoir mon enfer pour la colère, mon enfer pour l'orgueil, - et l'enfer de la caresse ; un concert d'enfers.
Je meurs de lassitude. C'est le tombeau, je m'en vais aux vers, horreur de l'horreur ! Satan, farceur, tu veux me dissoudre, avec tes charmes. Je réclame. Je réclame ! un coup de fourche, une goutte de feu.
Ah ! remonter à la vie ! Jeter les yeux sur nos difformités. Et ce poison, ce baiser mille fois maudit ! Ma faiblesse, la cruauté du monde ! Mon Dieu, pitié, cachez-moi, je me tiens trop mal ! - Je suis caché et je ne le suis pas.
C'est le feu qui se relève avec son damné.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Lun 8 Mar 2010 - 1:18

Invictus de William Ernest Henley

J'ai préféré le mettre en version originale.

Out of the night that covers me,
Black as the pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.

In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbow'd.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds and shall find me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
I am the captain of my soul.
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