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 Poèmes

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Amande

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MessageSujet: Re: Poèmes   Lun 8 Mar 2010 - 2:23

Le dormeur du val, Rimbaud

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Mar 11 Mai 2010 - 18:55

Je te frapperai sans colère
Et sans haine, comme un boucher,
Comme Moïse le rocher !
Et je ferai de ta paupière,

Pour abreuver mon Saharah,
Jaillir les eaux de la souffrance.
Mon désir gonflé d'espérance
Sur tes pleurs salés nagera

Comme un vaisseau qui prend le large,
Et dans mon coeur qu'ils soûleront
Tes chers sanglots retentiront
Comme un tambour qui bat la charge !

Ne suis-je pas un faux accord
Dans la divine symphonie,
Grâce à la vorace Ironie
Qui me secoue et qui me mord ?

Elle est dans ma voix, la criarde !
C'est tout mon sang, ce poison noir !
Je suis le sinistre miroir
Où la mégère se regarde.

Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !

Je suis de mon coeur le vampire,
- Un de ces grands abandonnés
Au rire éternel condamnés,
Et qui ne peuvent plus sourire !


L'héautontimorouménos, Baudelaire
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Superbia

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MessageSujet: Re: Poèmes   Jeu 13 Mai 2010 - 18:29

"Elle aimait la vie, il aimait la mort,
Il aimait la mort, et ses sombres promesses,
Avenir incertain d'un garcon en détresse,
Il voulait mourir, laisser partir sa peine,
Oublier tous ces jours à la même rengaine...

Elle aimait la vie, heureuse d'exister,
Voulait aider les gens et puis grandir en paix,
C'était un don du ciel, toujours souriante,
Fleurs et nature, qu'il pleuve ou qu'il vente.

Mais un beau jour, la chute commença,
Ils tombèrent amoureux, mauvais choix,
Elle aimait la vie et il aimait la mort,
Qui d'entre les deux allait être plus fort?

Ils s'aimaient tellement, ils auraient tout sacrifié,
Amis et famille, capables de tout renier,
Tout donner pour s'aimer, tel était leur or,
Mais elle aimait la vie et il aimait la mort...
Si différents et pourtant plus proches que tout,
Se comprenant pour protéger un amour fou,
L'un ne rêvait que de mourir et de s'envoler,
L'autre d'une vie avec lui, loin des atrocités...

Fin de l'histoire : obligés de se séparer,
Ils s'étaient promis leur éternelle fidélité.
Aujourd'hui, le garçon torturé vit pour elle,
Puisque la fille, pour lui, a rendu ses ailes...

Il aimait la mort, elle aimait la vie,
Il vivait pour elle, elle est morte pour lui"

poemes inspiré d'une oeuvre de William Shakespeare
certaine personne dise que il vient de lui mais c'est peut probable beaucoup de personne ce dise auteur de ce poemes mais on est pas vraiment sur de l'acteur . donc je peux pas dire avec certitude de quel acteur il est .
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MessageSujet: Re: Poèmes   Ven 14 Mai 2010 - 14:43

Viens sur mon cœur, âme cruelle et sourde,
Tigre adoré, monstre aux airs indolents ;
Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants
Dans l'épaisseur de ta crinière lourde ;

Dans tes jupons remplis de ton parfum
Ensevelir ma tête endolorie,
Et respirer, comme une fleur flétrie,
Le doux relent de mon amour défunt.

Je veux dormir ! dormir plutôt que vivre !
Dans un sommeil, douteux comme la mort,
J'étalerai mes baisers sans remord
Sur ton beau corps poli comme le cuivre.

Pour engloutir mes sanglots apaisés -
Rien ne me vaut l'abîme de ta couche ;
L'oubli puissant habite sur ta bouche,
Et le Léthé coule dans tes baisers.

A mon destin, désormais mon délice,
J'obéirai comme un prédestiné ;
Martyr docile, innocent condamné,
Dont la ferveur attise le supplice,

Je sucerai, pour noyer ma rancœur,
Le népenthès et la bonne ciguë
Aux bouts charmants de cette gorge aiguë
Qui n'a jamais emprisonné de cœur.


Le Léthé - Baudelaire.
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Superbia

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MessageSujet: Re: Poèmes   Mar 1 Juin 2010 - 23:15

A la lumière obscure,
je te croise enfin.
mon dieu que tu es belle.
toi la seule, toi l'ultime.
entre les hommes, égalité.
s'il te plais prend ma main,
ne te fais plus attendre.
il est temps de s'étreindre,
il est temps de s'éteindre, une dernière cigarette.

les guerriers de la route avait pourtant prédit,
la mort ou la naissance,
sa dépend du cœur,
au soleil qui s'incline,
allez finissons en,
et laissons s'accomplir le firmament,
plonger dans l'infini,
dans le gouffre sacrée, Katagena,
me noyèrent a jamais,
puis quitter se monde, sans pudeur, ni morale.

j'veux qu'on baise sur ma tombe,
j'veux qu'on baise sur ma tombe,
que la grâce s'accomplisse
immortelle jouissance.
que les femmes s'unissent dans un parfait accord.
rien que pour un instant.
...
l'éphémère deviennent éternité.

j'aurais aimer t'aimer,
comme on aime le soleil,
te dire, que le monde est beau,
que c'est beau d'aimer,
j'aurais aimer t'écrire le plus beau des poèmes,
et construire un empire,
juste pour ton sourire.
devenir le soleil, pour sécher tes sanglots,
et faire battre le ciel,
pour un futur plus beau.
mais c'est plus fort que moi,
tu vois je n'y peut rien.
ce monde n'est pas pour moi,
ce monde n'est pas le mien.

au revoir mes amis,
au revoir mes frères,
au revoir mon pays,
a nous deux la lumière,
au revoir Francky,
au revoir les printemps,
au revoir pauvre monde,
a nous deux Satan,
au revoir mes amis,
au revoir mes frères,
au revoir mon pays,
a nous deux la lumière,
au revoir Francky.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Mer 2 Juin 2010 - 0:55

Effet de nuit

La nuit. La pluie. Un ciel blafard que déchiquette
De flèches et de tours à jour la silhouette
D'une ville gothique éteinte au lointain gris.
La plaine. Un gibet plein de pendus rabougris
Secoués par le bec avide des corneilles
Et dansant dans l'air noir des gigues nonpareilles,
Tandis, que leurs pieds sont la pâture des loups.
Quelques buissons d'épine épars, et quelques houx
Dressant l'horreur de leur feuillage à droite, à gauche,
Sur le fuligineux fouillis d'un fond d'ébauche.
Et puis, autour de trois livides prisonniers
Qui vont pieds nus, un gros de hauts pertuisaniers
En marche, et leurs fers droits, comme des fers de herse,
Luisent à contresens des lances de l'averse.

Verlaine.
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Arc en ciel gris

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MessageSujet: Re: Poèmes   Mer 2 Juin 2010 - 1:52

One need not be a chamber to be haunted,
One need not be a house;
The brain has corridors surpassing
Material place.

Far safer, of a midnight meeting
External ghost,
Than an interior confronting
That whiter host.

Far safer through an Abbey gallop,
The stones achase,
Than, moonless, one's own self encounter
In lonesome place.

Ourself, behind ourself concealed,
Should startle most;
Assassin, hid in our apartment,
Be horror's least.

The prudent carries a revolver,
He bolts the door,
O'erlooking a superior spectre
More near.

Emily Dickinson
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MessageSujet: Re: Poèmes   Sam 20 Nov 2010 - 13:39

Je suis la Pipe d'un poète,
Sa nourrice, et : j'endors sa Bête.

Quand ses chimères éborgnées
Viennent se heurter à son front,
Je fume... Et lui, dans son plafond,
Ne peut plus voir les araignées.

... Je lui fais un ciel, des nuages,
La mer, le désert, des mirages;
- Il laisse errer là son œil mort...

Et, quand lourde devient la nue,
Il croit voir une ombre connue,
- Et je sens mon tuyau qu'il mord...

- Un autre tourbillon délie
Son âme, son carcan, sa vie!
... Et je me sens m'éteindre. - Il dort -

. . . . . . . . . . . . . . . . . . .

- Dors encor : la Bête est calmée,
File ton rêve jusqu'au bout...
Mon Pauvre!... la fumée est tout.
- S'il est vrai que tout est fumée...


La pipe au poète, Tristan Corbière
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Trash Khan

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MessageSujet: Re: Poèmes   Lun 22 Nov 2010 - 19:54

Le tombeau d’Edgar Poe

Tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change,
Le Poète suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
Que la mort triomphait dans cette voix étrange !

Eux, comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu
Proclamèrent très haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange.

Du sol et de la nue hostiles, ô grief !
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne

Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur,
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.

Mallarmé
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MessageSujet: Re: Poèmes   Mar 23 Nov 2010 - 18:29

Cauchemar

J'ai vu passer dans mon rêve
- Tel l'ouragan sur la grève, -
D'une main tenant un glaive
Et de l'autre un sablier,
Ce cavalier

Des ballades d'Allemagne
Qu'à travers ville et campagne,
Et du fleuve à la montagne,
Et des forêts au vallon,
Un étalon

Rouge-flamme et noir d'ébène,
Sans bride, ni mors, ni rêne,
Ni hop ! ni cravache, entraîne
Parmi des râlements sourds
Toujours ! toujours !

Un grand feutre à longue plume
Ombrait son oeil qui s'allume
Et s'éteint. Tel, dans la brume,
Éclate et meurt l'éclair bleu
D'une arme à feu.

Comme l'aile d'une orfraie
Qu'un subit orage effraie,
Par l'air que la neige raie,
Son manteau se soulevant
Claquait au vent,

Et montrait d'un air de gloire
Un torse d'ombre et d'ivoire,
Tandis que dans la nuit noire
Luisaient en des cris stridents
Trente-deux dents.


Paul VERLAINE (1844-1896)
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Trash Khan

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MessageSujet: Re: Poèmes   Jeu 18 Aoû 2011 - 13:07

Pas tout à fait un poème, mais plus d'un se reconnaîtra ici...

VOIR UN AMI PLEURER


Bien sûr il y a les guerres d'Irlande
Et les peuplades sans musique
Bien sûr tout ce manque de tendre
Et il n'y a plus d'Amérique
Bien sûr l'argent n'a pas d'odeur
Mais pas d'odeur vous monte au nez
Bien sûr on marche sur les fleurs
Mais mais voir un ami pleurer

Bien sûr il y a nos défaites
Et puis la mort qui est tout au bout
Le corps incline déjà la tête
Étonné d'être encore debout
Bien sûr les femmes infidèles
Et les oiseaux assassinés
Bien sûr nos cœurs perdent leurs ailes
Mais mais voir un ami pleurer

Bien sûr ces villes épuisées
Par ces enfants de cinquante ans
Notre impuissance à les aider
Et nos amours qui ont mal aux dents
Bien sûr le temps qui va trop vite
Ces métros remplis de noyés
La vérité qui nous évite
Mais mais voir un ami pleurer

Bien sûr nos miroirs sont intègres
Ni le courage d'être juif
Ni l'élégance d'être nègre
On se croit mèche on n'est que suif
Et tous ces hommes qui sont nos frères
Tellement qu'on n'est plus étonné
Que par amour ils nous lacèrent
Mais mais voir un ami pleurer.

Jacques Brel
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MessageSujet: Re: Poèmes   Mar 13 Sep 2011 - 1:45


La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :
" Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles !
Je suis, mon cher savant, si docte aux Voluptés,
Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi ! "

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus
Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus !
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
A mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang,
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette
Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.


Les métamorphoses du vampire, Baudelaire

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H

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MessageSujet: Re: Poèmes   Dim 25 Nov 2012 - 16:53

Un passage de An Umbrella from Piccadilly, Jaroslav Seifert, dont je fais référence dans le titre de mon carnet. Traduction du tchèque à l'anglais. Pas trouvé la version française.

Whenever necessary
I now have above my head
my own small sky
which may be black
but in its tensioned wire spokes
God's mercy may be flowing like
an electric current.

I open my umbrella even when it's not raining,
as a canopy
over the volume of Shakespeare's sonnets
I carry with me in my pocket.

But there are moments when I am frightened
even by the sparkling bouquet of the universe.
Outstripping its beauty
it threatens us with its infinity
and that is all too similar
to the sleep of death.
It also threatens us with the void and frostiness
of its thousands of stars
which at night delude us
with their gleam.

[...] what use is a fragile umbrella
against the universe?
Besides, I don't even carry it.
I have enough of a job
to walk along
clinging close to the ground
as a nocturnal moth in daytime
to the coarse bark of a tree.


Poème entier.
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Onda

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MessageSujet: Re: Poèmes   Dim 25 Nov 2012 - 21:11

Entre la plus lointaine étoile et nous

la distance, inimaginable, reste encore

comme une ligne, un lien, comme un chemin.

S'il est un lieu hors de toute distance,

ce devait être là qu'il se perdait :

non pas plus loin de toute étoile, ni moins loin,

mais déjà presque dans un autre espace,

en dehors, entraîné hors des mesures.

Notre mètre, de lui à nous, n'avait plus cours :

autant, comme une lame, le briser sur le genou.



Philippe Jaccottet

________________
"Pensavo di essere la soluzione, invece no, non ero nemmeno il problema. Non ero niente."
Francesco Roversi
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H

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MessageSujet: Re: Poèmes   Lun 31 Déc 2012 - 15:24

Got bit.
Fever hit.
World gone to shit.
Might as well quit.

Suicide note d'un campeur, The walking dead.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Jeu 15 Aoû 2013 - 19:01

Do not stand at my grave and weep,
I am not there; I do not sleep.

[...]:
 

Do not stand at my grave and cry,
I am not there; I did not die.

Mary Elizabeth Frye.
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MessageSujet: Re: Poèmes   Mer 2 Déc 2015 - 18:09

I felt a funeral, in my brain,
And mourners to and fro
Kept treading - treading - till it seemed
That sense was breaking through -

And when they all were seated,
A service, like a drum -
Kept beating - beating - till I thought
My mind was going numb -

And then I heard them lift a box
And creak across my soul
With those same boots of lead, again,
Then space - began to toll,

As all the heavens were a bell,
And being, but an ear,
And I, and silence, some strange race,
Wrecked, solitary, here -

And then a plank in reason, broke,
And I dropped down, and down -
And hit a world, at every plunge,
And finished knowing - then -

Emily Dickinson
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MessageSujet: Re: Poèmes   

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