Forum AM-Entraide

Ce forum est notamment consacré à l\'entraide autour des problèmes d\'automutilation.
 
AccueilRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Gnié.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lilith 2.0

avatar

Nombre de messages : 24
Age : 24
Date d'inscription : 24/02/2017

MessageSujet: Gnié.   Lun 27 Fév 2017 - 1:13

J'ai décidé de me mettre à écrire. Je sais pas ce qui va sortir, ou comment, et au final peu importe. C'est pas vraiment le but, ici, d'écrire quelque chose qui a du sens et auquel on puisse répondre.

Je me sens de nouveau à la croisée des chemins. J'achève quelque chose et je me vois plus continuer. Je sais pas d'où ça vient, ce désir de me mettre en échec. Je suis à 4 mois de la fin, 120 jours, Que dalle quoi. Et pourtant, c'est maintenant que mon cerveau choisit de douter, de remettre en question, de me foutre en arrêt maladie et haut les cœurs ! Va comprendre. Je cherche même plus, je suis à la fois trop et pas assez consciente de mes fonctionnements internes tordus. J'ai toujours eu tendance à faire des choix de merde dans ma vie, de toute façon, même en étant profondément consciente du pourquoi du comment.

Je ressasse pas mal le passé en ce moment. Pas forcément en mode winny, pas en me disant que ma vie c'est trop de la merde. Mais j'ai cette sensation d'avoir trop vécu trop vite, trop de choses. Et là, maintenant que je me suis insérée dans un mode de vie plus stable, dans un style plus normal, je trouve le tout bien fade. Ah c'est clair que ça a rien à voir avec les abus et les excès de "avant". Olol. Mais j'suis pas faite pour être fadasse. J'ai jamais appris à être stable, routinière, normale. J'aime l'excès. Même si ça me rend pas heureuse, j'aime ça, profondément.

A partir de là, c'est limite désespéré, je crois. J'ai envie d'être heureuse, d'être bien, mais j'ai l'impression de pas pouvoir l'être sans aller mal, sans être dans l'abus de tout, tout le temps. Je veux aller bien, mais j'aime aller mal, mais je veux quand même être heureuse, mais je veux pas aller bien, je veux me détruire, je veux que ma vie soit intéressante, mais je veux pas faire subir mon mal-être qui en est un sans l'être à mes proches et fuck il y a absolument rien de logique dans tout ça.

Borderline tendance psychotique de mes deux. Il y a rien à en tirer, et j'peux même pas cracher sur le diagnostic parce que je suis profondément d'accord. Sauf que les structures de personnalité, on peut pas y changer grand chose. Et putain quoi alors, je vais passer toute ma putain de vie à pas être foutue de faire quoi que ce soit parce que paralysée par les incohérences, les inconsistances et toute cette bullshit ?

Je sais même plus par où commencer. Par quel bout le prendre. J'me doute que ça doit pas avoir beaucoup de sens à lire. Mais j'vois même pas comment vous expliquer. Dans ma tête tout se mélange et rien n'a de sens. Alors expliquer à quelqu'un... ahah. La blague.

J'ai peur de ce dont j'ai envie, j'ai envie de ce dont j'ai peur, je m'enivre de ces sensations, je me perds dans tout ce qui me fait ressentir des choses pour zapper ce putain de vide qu'est là tout le temps à couver. Ça me pourrit la vie, et en même temps sans ça j'aurais aucun intérêt. Ma vie est remplie d'histoires glauques, chelous, trash, et j'en passe, mon parcours est semé de souffrances, de relations de merde, d'abus de toutes sortes, et pourtant. Pourtant je l'aime cette vie parce qu'elle est forte, elle était intense, elle est intéressante à vivre. Était. Maintenant je suis plus une coquille vidée avec un masque. Et la meuf d'il y a quelques années, elle est gentiment enfermée à double tour. Parce que faut pas déconner, mais tout ça, ça m'aurait tuée au bout d'un moment. Je devrais avoir appris, pourtant, qu'enfermer les choses au loin, enterrer les problèmes au fond du jardin, c'est pas une putain de solution. Je sais même pas pourquoi je continue d'essayer. N'empêche que oui, en pensant me trouver je me suis perdue et maintenant j'ai bien l'air conne.
J'sais pas, j'voudrais revenir au statu quo d'il y a quelques années. Ce temps où tout allait fort, vite, encore plus, toujours plus, à cent à l'heure. Mais j'ai jamais arrêté d'escalader, et j'ai pas non plus envie de mourir avec mes conneries. C'est pas le but.

C'est juste le vide, ce putain de vide. Je regarde autour de moi et tout me semble lointain, étranger. Je sais même plus ce qui va et ce qui va pas. Demain je retourne bosser. J'suis pas sûre d'en être capable mais j'veux pas tout foutre en l'air. Pas le courage de décevoir une énième fois. Pas envie d'avoir fait tout ça pour rien, d'en avoir chié pour au final même pas obtenir mon bout de papier.

J'voudrais réussir à me mettre d'accord avec moi-même, sortir de cette dissociation constante qui me donne envie d'exploser et de tout envoyer balader. J'voudrais atténuer toutes ces contradictions. Ne pas aimer le monde autant que je le hais, ne pas aimer autant les gens et les détester encore plus. J'aimerais avoir quelques repères fixes de personnalité auquel me raccrocher. Autre que les 20 000 addictions que je cumule.

Bref, c'est toujours la même merde, mais en plus obscur et sibyllin encore qu'avant parce que maintenant 98% du temps je m'auto-ignore tellement j'en ai marre de ma propre connerie.

Je me fatigue putain. Non vraiment, quand je me regarde j'ai l'impression d'avoir en face ce genre de personne exaspérante que t'as envie de torgnoler à longueur de journée parce qu'ils n'ont aucun sens, aucune cohérence, aucune congruence. Vraiment. C'est même pas de la haine envers moi-même parce que j'ai beaucoup d'affection pour mon moi intérieur, à défaut d'amour. Mais juste... Je me regarde et je facepalm. Beaucoup.
Revenir en haut Aller en bas
bettyalice

avatar

Nombre de messages : 36
Age : 20
Localisation : PACA - 04
Date d'inscription : 25/02/2017

MessageSujet: Re: Gnié.   Lun 27 Fév 2017 - 9:14

Lilith 2.0 a écrit:
J'ai décidé de me mettre à écrire. Je sais pas ce qui va sortir, ou comment, et au final peu importe. C'est pas vraiment le but, ici, d'écrire quelque chose qui a du sens et auquel on puisse répondre.

Je me sens de nouveau à la croisée des chemins. J'achève quelque chose et je me vois plus continuer. Je sais pas d'où ça vient, ce désir de me mettre en échec. Je suis à 4 mois de la fin, 120 jours, Que dalle quoi. Et pourtant, c'est maintenant que mon cerveau choisit de douter, de remettre en question, de me foutre en arrêt maladie et haut les cœurs ! Va comprendre. Je cherche même plus, je suis à la fois trop et pas assez consciente de mes fonctionnements internes tordus. J'ai toujours eu tendance à faire des choix de merde dans ma vie, de toute façon, même en étant profondément consciente du pourquoi du comment.

Je ressasse pas mal le passé en ce moment. Pas forcément en mode winny, pas en me disant que ma vie c'est trop de la merde. Mais j'ai cette sensation d'avoir trop vécu trop vite, trop de choses. Et là, maintenant que je me suis insérée dans un mode de vie plus stable, dans un style plus normal, je trouve le tout bien fade. Ah c'est clair que ça a rien à voir avec les abus et les excès de "avant". Olol. Mais j'suis pas faite pour être fadasse. J'ai jamais appris à être stable, routinière, normale. J'aime l'excès. Même si ça me rend pas heureuse, j'aime ça, profondément.


[...]

Je sais même plus par où commencer. Par quel bout le prendre. J'me doute que ça doit pas avoir beaucoup de sens à lire. Mais j'vois même pas comment vous expliquer. Dans ma tête tout se mélange et rien n'a de sens. Alors expliquer à quelqu'un... ahah. La blague.



C'est juste le vide, ce putain de vide. Je regarde autour de moi et tout me semble lointain, étranger. Je sais même plus ce qui va et ce qui va pas. Demain je retourne bosser. J'suis pas sûre d'en être capable mais j'veux pas tout foutre en l'air. Pas le courage de décevoir une énième fois. Pas envie d'avoir fait tout ça pour rien, d'en avoir chié pour au final même pas obtenir mon bout de papier.

[...]

Bref, c'est toujours la même merde, mais en plus obscur et sibyllin encore qu'avant parce que maintenant 98% du temps je m'auto-ignore tellement j'en ai marre de ma propre connerie.

Je me fatigue putain. Non vraiment, quand je me regarde j'ai l'impression d'avoir en face ce genre de personne exaspérante que t'as envie de torgnoler à longueur de journée parce qu'ils n'ont aucun sens, aucune cohérence, aucune congruence. Vraiment. C'est même pas de la haine envers moi-même parce que j'ai beaucoup d'affection pour mon moi intérieur, à défaut d'amour. Mais juste... Je me regarde et je facepalm. Beaucoup.

Tout ce que j'ai mis, c'est ce que je ressens aussi.
On est pareil, mais malgré les similitudes, je voudrais savoir si tu en est au point de vouloir partir?
Te sens tu d'expliquer pourquoi tu pense que c'est bizarre de vouloir être mal?
Revenir en haut Aller en bas
John

avatar

Nombre de messages : 403
Date d'inscription : 25/03/2012

MessageSujet: Re: Gnié.   Lun 27 Fév 2017 - 12:08

Citation :
Je me sens de nouveau à la croisée des chemins. J'achève quelque chose et je me vois plus continuer. Je sais pas d'où ça vient, ce désir de me mettre en échec. Je suis à 4 mois de la fin, 120 jours, Que dalle quoi.

J'ai pas tout quoté, mais par rapport à ça, tu le relies notamment "a des mécanismes internes foireux". Mais il y a un point peut être qui me parait aussi pertinent de noter sans pour autant tout rejeter dessus, c'est que tu fais quand même des études qui ne sont de loin pas évidentes.
Si on écoute les personnes de manière générale, "toute étude est difficile, blablabla..." mais c'est pas de cette manière que je l'entend.
D'une part, toute étude ne t'apporte pas de thune, ce qui aide pas pour la vie de tout les jours.
De l'autre, j'ai pu parler plusieurs fois avec des gens du métier et de ce que j'en ai retiré, il y a plusieurs aspects dans le metier en france (comme aussi en suisse d'ailleurs) qui font qu'il est difficile à assumer sur le long-terme, que ce soit pour les études ou pour le travail.
Tout ça pour ramener aussi un peu de crédit à tout ce que tu as déjà accompli jusqu'à là, même si ça n'apporte rien de concret sur le fait que ça ailles moins bien ajd.

jpense pas pouvoir amener grand chose a ton post, juste peut être par rapport à ça
Citation :

Borderline tendance psychotique de mes deux. Il y a rien à en tirer, et j'peux même pas cracher sur le diagnostic parce que je suis profondément d'accord. Sauf que les structures de personnalité, on peut pas y changer grand chose.

Biensur que les structures de personnalités sont résistantes, c'est au fond notre fondement, notre manière d'être, d'analyser.
Mais comme un batiment déjà construit, si on s'imagine un batiment de 5 étages, il est difficile de s'imaginer déconstruire le 3ème et le reconstruire sans toucher aux étages du dessus. Il en va ainsi plus tu descends dans les étages, plus tu devras en déconstruire. Le tout est que cela est et reste possible, la seule chose qui va changer selon l'étage que tu souhaites modifier sera le temps nécessaire et le temps de travail derrière.

Pour revenir sur la chose, jpense pas que ça soit productif de te dire que le changement ne peut pas être. Il peut toujours être, le changement est toujours possible, et il n'y a pas qu'une seule manière de changer. Tu peux t'adapter à une structure, tu peux la modifier, tu peux la reconstruire, tu peux la décorer, tu peux la nier, etc.

du moins c'est ce que je pense.

J'espère que ces qques lignes t'aideront malgré tout
Revenir en haut Aller en bas
Lilith 2.0

avatar

Nombre de messages : 24
Age : 24
Date d'inscription : 24/02/2017

MessageSujet: Re: Gnié.   Lun 27 Fév 2017 - 22:52

bettyalice a écrit:
Tout ce que j'ai mis, c'est ce que je ressens aussi.
On est pareil, mais malgré les similitudes, je voudrais savoir si tu en est au point de vouloir partir?

Nope, on est pas pareilles. Genre vraiment pas. J'veux pas être méchante, mais on se connaît absolument pas, on a pas le même âge, pas la même vie, pas la même éducation, bref, on est pas pareilles.
A la limite, je conçois que tu dises que ce que j'ai écrit résonne ou fait écho à certaines choses en toi. Mais l'identification, à ce point, ça pue. J'en ai fais les frais, à force de s'identifier à quelqu'un qui va mal et se dire qu'on est dans la même merde, bah c'est con mais quand l'autre se butte, ou qu'il/elle s'enfonce, bah ça démonte la gueule. Donc je refuse catégoriquement que tu fasses pareil avec moi. On est pas identiques, on a pas les mêmes problèmes ni la même vie. J'y tiens.

Pour te répondre, sinon, c'est pas une question d'être mal "au point de". Je ne pense pas qu'il y ait de hiérarchie dans la souffrance. Et personnellement, je n'ai jamais considéré le suicide comme quelque chose d'envisageable pour moi. Peut être parce que justement, j'ai connu trop de gens qui se sont, eux, bel et bien butés.
J'ai pas envie de mourir, fondamentalement j'ai envie de vivre. C'est pas pour autant que je souffre moins, ou plus qu'un(e) autre.

bettyalice a écrit:
Te sens tu d'expliquer pourquoi tu pense que c'est bizarre de vouloir être mal?

Ah mais je pense pas que c'est bizarre, je pense que c'est complètement stupide, surtout. Quant à l'expliquer, bah... ça se suffit à soi-même non ?


Jðånne, je sais pas trop quoi répondre à ce que tu dis mais je le prends en considération et merci. Puis j'ai pas relu ce que j'avais écris parce que c'était pas forcément le fond du fond dont j'ai parlé. C'est pas le plus important.
Mais fallait que j'écrive, que je lâche quelque chose, même si c'est la surface. Ces dernières années, j'ai tellement désappris à parler et appris à retenir, à garder en dedans, à nier et ignorer. Il fallait bien que je commence quelque part. Même si entre ce que j'ai écris, ce à quoi je pensais, ce que vous avez lu, et ce que vous avez compris il y a certainement pas mal de fossés, voire pas mal de canyons.
Revenir en haut Aller en bas
postblue

avatar

Nombre de messages : 524
Date d'inscription : 27/12/2013

MessageSujet: Re: Gnié.   Mar 28 Fév 2017 - 19:41

Hello.

"J'ai peur de ce dont j'ai envie, j'ai envie de ce dont j'ai peur, je m'enivre de ces sensations, je me perds dans tout ce qui me fait ressentir des choses pour zapper ce putain de vide qu'est là tout le temps à couver. "

Il me semble que c'est ça le problème de fond, non? Que tu aimes souffrir / vivre des trucs intensément glauques, etc, parce que ça te "remplis".
ça te parle?

Je vais dire un truc qui va sembler ultra bateau sur un forum qui parle d'am,
mais c'est souvent bien plus facile de se faire du mal que de se faire du bien, et ça vaut souvent mieux que le vide / l'impuissance / le fade etc

J'crois que le seul moyen de sortir de ce schéma c'est d'arrêter de penser qu'une vie "normale" est fade
Après je suppose que c'est pas juste une question de représentations, mais un état plus profond. Mais peut-être que tu peux interroger ça: qu'est-ce qui est fade pour toi et pourquoi? Est-ce que ça l'est parce que tu RESSENS un vide, ou parce que ça te semble trop "normal", "banal" etc (et pour le coup tu peux essayer d'agir sur cette représentation)?
Je ne sais pas si je suis très claire, désolée.

Je te mets un lien vers une vidéo (25 min environ) qui parle des comportements autodestructeurs comme tentative de reprise de contrôle sur ça vie, je sais pas si ça te parlera mais au cas où. je l'ai pas écouté depuis longtemps (pas le temps now) et peut-être que j'y trouverais beaucoup à redire à présent, mais y a quelques années elle m'avait frappé par sa justesse. https://www.youtube.com/watch?v=LVHFbqYapRo
Revenir en haut Aller en bas
Lilith 2.0

avatar

Nombre de messages : 24
Age : 24
Date d'inscription : 24/02/2017

MessageSujet: Re: Gnié.   Mar 28 Fév 2017 - 23:04

Salut Postblue.

Je n'ai pas encore regardé la vidéo, je le ferai après et éditerai si j'ai des choses à rajouter.
Mais pour revenir sur le reste de ta réponse, je suis tout à fait d'accord, ce vide c'est un des fonds du problème. Pas que, parce que ce serait trop simple mais indéniablement, ça en fait partie.

Mais du reste, je pense pas que ce soit une représentation de la normalité. J'veux dire... concrètement depuis bientôt 3 ans, j'ai une vie "normale". Je me viandais plus, mes périodes d'excès étaient très ponctuelles même si j'ai jamais pu m'en passer, j'ai commencé mes études, j'ai bossé à fond, j'ai arrêté de boire et de me défoncer tous les jours, etc etc.
Franchement, je peux pas faire plus normal.
Bon, le problème c'est que c'est pas moi et que du coup depuis 3 ans j'en chie intérieurement pour essayer de faire correspondre mon moi interne et mon moi social. Mais ça c'est une autre histoire.

Au delà du fait que ça ne me corresponde pas comme vie, c'est que oui, je RESSENS un vide. En même temps, d'aussi loin que je me souvienne, ce vide, je l'ai toujours ressenti. Vraiment toujours. Juste à différentes intensité. Et là, c'est plus intense qu'avant.

Bref, je pense pas que ce soit une question de représentation.
Et je considère pas que les personnes qui ont une vie classiquement dite normale soient fades ou pas intéressants. Au contraire.

Mais j'arrive pas à m'y faire, moi.

Sur ce, je vais regarder ta vidéo.

EDIT : Vidéo intéressante. Je ne suis pas en accord avec la totalité du postulat et des arguments, mais certaines pistes de réflexions sont intéressantes. Merci.
Revenir en haut Aller en bas
postblue

avatar

Nombre de messages : 524
Date d'inscription : 27/12/2013

MessageSujet: Re: Gnié.   Ven 3 Mar 2017 - 17:27

Alors, plusieurs choses

1) "Bon, le problème c'est que c'est pas moi et que du coup depuis 3 ans j'en chie intérieurement pour essayer de faire correspondre mon moi interne et mon moi social. Mais ça c'est une autre histoire."
Je sais pas si c'est tant une autre histoire que ça. Je veux dire, je suis pas dans ta tête, mais le problème est (en partie) de ce que je comprends. le même, tu as du mal à gérer le fait d'être sortie des excès parce que tu as le sentiment que ça ne te correspond pas.
Et peut-être que le vide est aussi plus intense parce que tu te sens à côté de toi-même.

Mais même quand on a eu des comportements autodestructeurs pendant longtemps, on n[i]'est[/i] pas eux.
Comment dire, j'ai l'impression que c'est un problème courant de s'identifier à des manifestations extérieures de souffrance, mais c'est une erreur, déjà parce qu'par la suite on ne sait plus comment souffrir sans, ensuite parce notre moi interne comme tu le dis est bien plus complexe, bien plus "varié" qu'un pannel de comportements même si ça en fait partie.

2) Tu dis que le vide est plus intense mais qu'il a toujours été là. Du coup j'ai deux questions
- est-ce que quand tu étais très souvent dans l'excès il était réellement amoindri? et donc ces excès étaient-ils utiles? (si non, déjà un moyen d'en faire le deuil)
- est-ce qu'en arrêtant ces excès tu as essayé de les remplacer par d'autres activités (le problème est peut-être là)?

Aussi, vu que tu emploie quand même beaucoup le vocabulaire de la norme ( même si j'ai bien compris qu'il n'y avait pas de jugement derrière ):
y a plein de façon d'être anormal , de façon d'exprimer ce qu'on a d'anormal à l'intérieur, sans que ce soit des excès.
je pense aux activités artistiques parce que c'est le plus évident mais y a sûrement pas que ça.
Essayer de trouver des manières saines, dans le sens où elles ne te mettent pas danger, d'exprimer ça, ça peut être une piste. En plus ça éviterait du même coup le vide, enfin, un petit peu.

Bon courage
Revenir en haut Aller en bas
Lilith 2.0

avatar

Nombre de messages : 24
Age : 24
Date d'inscription : 24/02/2017

MessageSujet: Re: Gnié.   Ven 3 Mar 2017 - 22:05

Je réfléchis en terme de norme parce qu'on vit au sein d'une société normée. Je peux pas me permettre d'appeler mon boulot le matin pour leur dire "désolée je viens pas je fais une descente" ou "je serai absente aujourd'hui pour cause d'alcoolisation".
Je peux pas non plus me permettre de bosser comme infirmière et d'afficher des plaies fraîches partout.
Tout comme je peux pas me permettre d'arrêter de bosser et de vivre de voyages et d'eau fraîche comme je le voudrais. J'ai même pas de quoi prendre des vacances, actuellement. voire même pas de quoi payer le quotidien.

Donc je réfléchis en terme de normes parce que concrètement, j'ai pas tant de choix que ça. Ça me dérangerai pas plus que ça de pas rentrer dedans, en soi. Mais faut être réaliste, si je me normalise pas, je vais probablement finir enfermée sous contrainte en psychiatrie ou à l'AAH. Et c'est pas non plus un projet de vie, ça.

Donc la normalisation, ben je dois y passer. Je ne peux pas être la personne que je veux parce que ça ne sera jamais accepté socialement. Là ce qui me fait chier, c'est que je m'y retrouve pas dans ce processus. Parce que je perds des bouts en route. Alors ok, on n'est pas la somme de ses comportements, et l’auto-destruction n'est pas une identité.
Mais comme tu le dis, je crois que je ne sais pas souffrir sans, d'une part. De l'autre, oui, c'est réellement efficace, l'abus contre le vide. Personnellement, en tout cas, je le ressens. Après je suis consciente que c'est stupide, je dis pas le contraire hein.
Mais ouais, je sais pas exprimer autrement. L'art, tout ça, c'est franchement pas mon truc. M'investir dans des projets X ou Y j'ai tenté, mais je me lasse trop vite. Et puis c'est pas pareil.

Mais bref. J'ai pas envie de donner l'impression que je refuse toute piste de solutions. C'est pas du refus, c'est juste que... je sais pas. J'arrive pas à trouver de point d'équilibre.

Mais tout ça, c'est juste le côté visible de l'iceberg. Je me sens pas spécialement en capacité de parler de mes problématiques de fond, franchement. Pas là, pas maintenant.
Mais le fait est que toute cette histoire n'aurait pas lieu d'être si je n'avais pas besoin d'un sas de décompression perpétuel. Tout ça, ça ne se poserait même pas si j'avais pas des années de traumatismes et de problématiques en arrière plan. Another time.

Merci pour tes réponses en tout cas.
Revenir en haut Aller en bas
Brise-patte

avatar

Nombre de messages : 5098
Age : 21
Localisation : France - Besançon
Date d'inscription : 21/02/2012

MessageSujet: Re: Gnié.   Sam 4 Mar 2017 - 0:08

Ce qui me chiffonne toujours un peu avec ce genre de poste, c'est qu'il n'y a pas vraiment de réponse à donner. Je me demande même si tu en attendais. C'est bien d'écrire, coucher noir sur blanc progressivement. La dimension du publique vient après. Tout en restant nécessaire.


J'ai lu, je comprend, je sais juste pas trop quoi dire tout simplement parce que ces réflexions je me les poses encore régulièrement. Je ne sais pas s'il y a des réponses. S'il faut en trouver.
De mon point de vu, s'il y a des réponses, elles sont toujours temporaires. Non pas qu'elles soient à ce point dérisoire pour exister sur le long terme, mais qu'elles ont parfois besoin d'un contexte précis pour prendre tout leur sens et leur force. Et ce contexte change, malheureusement (et heureusement aussi). Il part, il revient, il s'en va, revient sous une autre forme, revient pour longtemps ou par pour longtemps.
Mais voila, rien n'est immuable (et on dit généralement merci au temps qui passe. Merci le temps !).


Dans le concret, ça donne quoi tes réflexions sur ta formation?
Plutôt du style : changer de capte après le diplome
ou plutôt : ne pas passer l'épreuve du diplome tout simplement (s'il y a épreuve).
J'avoue, le premier cas me semble un poile de cul plus raisonnable. Juste en considérant que tu peux changer de direction à tout moment, avoir de quoi adoucir les courbes des virages quand il y en a me semble... heu plus que nécessaire. Surtout quand c'est faisable comme là.
Mais je ne jetterais pas la pierre, j'ai faillis laisser tomber ma dernière formation pour exactement les mêmes raisons : la fin de l'année s'est fait entre décrochage scolaire, refus puérile de l'autorité pendant les cours, et séjours en hp. Au final je l'ai quand même, et mon diplome ne me sert strictement à rien, c'est beau.
Résultat, actuellement je fais un truc qui me plais.

Je ne sais pas pour quel métiers exactement mais je le fais (vu le nombre de projet glorieux de carrières dans à peu près tout les métiers possibles tournant autour du dessin, j'ai arrêté de me projeter trop loin).
Mais au final, le domaine reste sensiblement proche.

Alors pour faire le parallèle jusqu'à ta situation... Il me semble qu'il y a une petite ressemblance : sans dire trop de conneries, ton centre d'intérêt reste toujours le même, non? L'aide à autrui, physiquement comme psychologiquement. Il y a une base. Solide. C'est à ça qu'il faut te raccrocher. Quoi que tu fasses après.
Je suis sûr qu'au final tes expériences diverses dans ce trèèès grand domaine pourra t'aider. Je ne sais pas comment, mais j'y crois.
C'est à peu près ce que je me suis dis quand je suis passé de l'horlogerie au tatouage puis au webdesign et codage informatique, en arrivant actuellement sur l'animation 2D. La dedans, il y a une constante auquel se raccrocher.

(enfin j'espère, parce qu'en réalité j'en sais que dalle, donc admettons que tu sois dans cette situation et que je n'écris pas totalement dans le vide)

+ pourquoi pas l'AAH avec des plannings plus aérés type mi-temps?
Si jamais tu as le diag officiel pour le trouble/personnalité (ça dépend des écoles..)borderline à tendance psychotique, y a moyen de faire les démarches pour l'AAH.
Je ne comprend pas trop pourquoi la fuir, ça serait loin d'être un mauvais plan si s'adapter aux normes sociétales neurotypiques est pas possible. Ou possible mais en perdant trop de bouts en chemin.


Ah aussi, sur un autre point, quand tu parles de ressasser le passé... c'est par période? Depuis le temps que je te croise sur le forum et ailleurs, j'ai l'impression qu'il y a une sorte de courbe sinusoïdale (lolilolilolilolilol) dans tes humeurs.
+ ce n'est pas anodin ce vide. Et surtout de n'arriver vraiment à le remplir que par l'excès "négatif". Frôler et rire de la mort pour mieux vivre et ressentir.
Dernièrement je me suis bcp penché les phénomènes de dissociation + combler le vide par des conduites à risques. Pour moi c'est pas anodin. J'veux dire, c'est pas (que ?) justifiable par un TPB même à tendance psychotique.

J'vais p'être me planter, mais c'est ça, que t'as pas vraiment, t'as jamais vraiment digéré ? :
Code:


J'ai peur de ce dont j'ai envie, j'ai envie de ce dont j'ai peur, je m'enivre de ces sensations, je me perds dans tout ce qui me fait ressentir des choses pour zapper ce putain de vide qu'est là tout le temps à couver. Ça me pourrit la vie, et en même temps sans ça j'aurais aucun intérêt. Ma vie est remplie d'histoires glauques, chelous, trash, et j'en passe, mon parcours est semé de souffrances, de relations de merde, d'abus de toutes sortes, et pourtant.

Tu l'aimes ta vie j'en doute pas une seconde. Mais ces taches glauques, chelous et trash, elles t'ont marqués, trop? T'as pas encaissé encore tout ça, tu cherches à les revivre parce que sinon plus rien a de sens?
C'est le jeux du "faites nous mal que je sente si je suis bien vivant"?
Je parle pas de regretter ces moments, ou d'essayer de les diaboliser ou encore les oublier. Juste qu'ils bouffent et ils t'ont peut être trop bouffé pour que t'arrives vraiment à t'en remettre en foutant tout sous le tapis continuellement. En essayant de réactiver l'adrénaline par des moyens biaisés et avoir la sensation de tout contrôler. Jusqu'à que ce soit trop la merde pour y croire, et tu finis ici à pas trop savoir où aller, comment maintenir la baraque debout. Puis ça passe, et tout revient "à la normale". Ou presque. Disons que les trucs sont toujours sous le tapis, mais au moins ils ne bougent plus trop.

Tu ne l'aurais pas mentionné, je t'aurais demandé s'il s'était passé quelques choses en particulier dernièrement. C'est quoi le truc qu'est venu tout remuer sous le tapis?

Alors bien sûr, il y a aussi pleins d'autres facteurs à ce que tout parte en cacahuète, touuut ceux que tu as déjà cité en fait. Mais tellement pas les seuls -à mon sens.
Ou p't'être que j'me plante.
Mouhahah tu n'es pas la seule à facepalmer sur tes propres postes, je ne me relirais pas tant pi.
J'espère que dans ce fouillis tu trouvera des bouts de trucs qui pourront t'aider quand même.
Déso pas déso pour le pavé.


Dernière édition par Brise-patte le Sam 4 Mar 2017 - 10:55, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lilith 2.0

avatar

Nombre de messages : 24
Age : 24
Date d'inscription : 24/02/2017

MessageSujet: Re: Gnié.   Sam 4 Mar 2017 - 1:18

Ça m'étonne presque à quel point la grosse majorité de ton post tombe juste. Mais j'ai pas la force de me mettre à penser et analyser tout ça à 1h du mat alors ça attendra demain.
En tout cas c'est vraiment pas à côté de la plaque.

Merci et à demain.
Revenir en haut Aller en bas
Stana

avatar

Nombre de messages : 2817
Age : 43
Localisation : Epinal
Date d'inscription : 05/10/2012

MessageSujet: Re: Gnié.   Sam 4 Mar 2017 - 18:05

Peut-être que tu as tellement été habituée à te sentir "mal", tout en tirant, en même temps, de ce mal-être la sensation d'être vivante, que l'idée de vivre sans toutes ces émotions, même négatives, te fait peur ou te désoriente. Quand on a, longtemps, connu des souffrances à tel ou tel niveau, on y a puisé, malgrès tout, des sensations auquelles on s'est accoutumées parce-qu'on n'avait pas le choix, parce-que c'était ça ou rien; du coup, on associe "sensation d'être vivant" et "souffrance" ou "douleur", quelles qu'elles soient. Tu n'es peut-être pas accoutumée à te sentir "en vie" pour des raisons plus positives, du coup tu crains, de perdre cette conscience de toi-même...après, je peux me tromper, mais je sais que j'ai fonctionné comme ça, et que c'est encore plus ou moins le cas. Je sais que nous ne sommes pas "pareilles", mais ce peut être une piste, je ne sais pas. Et je ne trouve pas tes posts stupides le moins du monde, tout ça se conçoit, et c'est important d'exterioriser spontanément.
Peut-être qu'une des solutions pourrait être de te livrer à une ou plusieurs passions: art, sport, activité physique ou cérébrale... qui t'occupperait les mains et/ou l'esprit, et te passionnerait suffisamment pour te permettre de te sentir vivante, pour de meilleures raisons. Qui pourraient aussi te permettre de te défouler, éventuellement, d'évacuer le trop-plein d'energie, et finirait peut-être par prendre le pas sur ce qui est moins constructif, qui sais?
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Gnié.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Gnié.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Recette de la Quiche Lorraine à la bière Chimay

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum AM-Entraide :: Problèmes :: Mal de vivre : dépression, suicide-
Sauter vers: