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 Dans une impasse

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nenya

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Nombre de messages : 79
Age : 28
Date d'inscription : 17/03/2008

MessageSujet: Dans une impasse   Jeu 2 Juin 2016 - 11:18

Bonjour,
Cela fait un moment que je ne suis pas venu sur ce forum .. Je me suis mariée l'année dernière, mon mari à arrêté son traitement contre la schizophrenie en rentrant de notre lune de miel. Tout est passé très vite, il a fini par me mettre à la porte en disant que tout était fini. Désormais il reprend son traitement et je suis revenu vivre avec mon mari après 7 mois de séparation. Je succombais à mes anciens démons, à savoir mes addictions. L'anorexie restrictive qui m'a fait perdre beaucoup de poids en deux semaines et qui m'a valu une hospitalisation de plus de deux mois, le Poppers qui ne quittait jamais mon sac, l'alcool omniprésent et accessible à tout moment, ma consommation de cigarrettes a grimpé à 3 paquets par jour. J'ajoute abus de médicaments pour explorer mes limites physiques qui ont failli mal tourner à plusieurs reprises.

Depuis que je suis avec mon homme ça va mieux. Je prends mon traitement (Effexor 150mg, Temesta, 3Norset et 2 Xeroquel) comme c'est préscrit, j'ai des repas "normaux", je ne fume plus et j'ai jeté le Poppers.

Seulement voilà .. c'est plus fort que moi ...
J'ai un rdv avec ma psychiatre à 16h à Paris, je suis donc dans l'appartement de mon père comme j'étais en avance. Je n'ai pas pu m'empêcher de fouiller l'armoire à pharmacie et de gober un cachet par ci, un cachet par là. Je ne sais même pas ce que j'ai pris .. Tant que mes pulsions restent "invisibles" aux autres, ça me va. Avant j'arrachais la peau de mon mollet avec un couteau mais hors de question de recommencer, je ne veux pas que mon mari sache à quel point je suis folle

Mais il suffit qu'il ne soit pas là pour que mes démons reprennent le dessus. J'ai sauté le repas de midi (puisque je suis seule personne ne s'en rendra compte) et les médicaments avalés n'inquiéteront personne ...

Je me sens déprimée alors que mon mari me comble de bonheur. Je ris avec lui, et c'est un rire sincère. Mais le soir avant de m'endormir, je me pose cette foutue question : "Comment en finir si les surdosages de médicaments ne font plus rien?" C'est complètement contradictoire, je suis heureuse avec mon mari mais ma dépression me pousse à chercher mes limites, à me détruire ... La nuit je rêve que mon mari me rejette, je me vois à l'hôpital avec beaucoup de flacons de Valium dans l'estomac et ça me fait peur.

J'ai sincèrement envie de m'en sortir, je n'en peux plus de faire du mal à mes proches. Mais cette destruction "invisible" par médicaments est tellement tentante, justement parce que je peux laisser libre cours à mes démons sans que quiconque ne s'en aperçoive.

Je suis à X kg pour 1m67, pourtant je repense avec nostalgie quand j'étais à X kg, j'étais accro au sentiment de "vide" et je savais que si je n'étais pas surveillée de si près par les infirmières de mon CMP qui me pèsent chaque semaine, je pourrai succomber à un arrêt cardiaque.

Je sais, vous devez me prendre pour folle, je sais que cette attitude est loin d'être normale. Mon corps m'a causé beaucoup de problèmes, des abus, des violences, j'ai envie de le détruire pour me protéger, pour ne plus être une proie si facile. Personne n'approche une folle au corps rempli de cicatrices. Personne n'abuse d'une femme squelettique. J'ai envie de guérir pour mon homme, il est tout pour moi. Je me sens en sécurité avec lui, il me protège de tout. Mais je ne supporte plus mon corps, victime d'abus dès l'âge de 8 ans. Je le hais, il est responsable que cette situation se repete encore et encore. En me détruisant, ça cessera ...

Je ne travaille plus. Mon état de santé m'a valu d'être licenciée, je suis aide-soignante à domicile, je n'arrivais plus à soulever les patients. Mon psychiatre est contre le fait que je reprenne le travail, lui préfère que je sois shooté aux anxios. à l'hôpital j'avais du Loxapax 150mg cinq fois par jour, la dose maximale autorisé. Mon corps y est tellement habitué que ça ne me faisait aucun effet. Le temesta non plus.

J'ai une caisse avec mes anciennes prescriptions à la maison - valium, effexor, loxapac, lexomil, xeroquel, risperdal, noctamide, norset, théralène et j'en passe. Les psy s'acharnent sur mes traitements pour trouver une molécule qui me ferait me sentir mieux, sans résultat. Et moi, conne que je suis, je garde tout ces médicaments dans un sac sous le lit, "au cas où", sachant pertinnement que ça ne me tuerait pas mais me ferait me sentir exister à travers les effets secondaires.

C'est une addiction que j'ai depuis longtemps. Déjà à l'âge de 12 ans je gobais trois boîtes d'Aspirine et je cochais fièrement les effets indésirables ressentis. Cocaïne à 13 ans, coma éthylique à 14 ans. Et toujours des abus, parce que je suis sois disante "trop gentille", "trop jolie". On m'a traîté comme une poupée durant toute mon adolescence, et je n'ai plus envie de m'identifier à cette image que mes agresseurs m'ont transmise.

Mon mari est mon équilibre. Je l'aime sincèrement. Mais je sais que je n'aurai jamais d'enfants, pas avant que je ne règle mes problèmes. Mon homme est au courant de tout, de mon passé, de mon autodestruction. Seulement voilà, il est persuadé que l'amour stoppera mes pulsions ... Non, il ne les rend juste "discrètes"

Je suis suivie par un psychiatre et des infirmières pour mon poids et ma dépression. Je suis honnête avec eux et je ne sais plus quoi faire quand je sens leur regard désesperé, désamparé sur moi .. Une psychiatre m'a confié à un collègue parce qu'elle ne savais plus comment m'aider. J'ai perdue 4 ans en HP et pourtant, mes passages à l'acte n'ont pas diminués, pire, ils sont de plus en plus extrêmes ....


Pardon pour ce post, j'avais besoin d'en parler avant mon rdv avec ma psychiatre. ça me rassure même si je n'attends pas d'aide ..
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Onda

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Nombre de messages : 2881
Age : 21
Localisation : Sud de la France
Date d'inscription : 11/04/2011

MessageSujet: Re: Dans une impasse   Jeu 2 Juin 2016 - 19:14

Bonsoir nenya ! Je me suis permise d'éditer ton message afin d'en retirer les mentions de poids et de quantité de traitements car celles-ci sont interdites par la charte du forum afin d'éviter d'influencer d'autres membres.


Concernant le contenu de ton messages, contrairement à toi, j'essaie d'y voir beaucoup de positif : ce que je vois, c'est que malgré les difficultés, tu as réussi à progresser personnellement et à stabiliser ton couple ce qui me semble une bonne chose.


Je sais que les rechutes et les obsessions encore présentes sont difficiles à vivre, mais pour moi, ce sont des étapes normales et nécessaires à la guérison. Laisse toi du temps, tu y arriveras !

________________
"Pensavo di essere la soluzione, invece no, non ero nemmeno il problema. Non ero niente."
Francesco Roversi
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