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 Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?

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LittleLady



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MessageSujet: Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?   Mar 3 Mai 2016 - 17:36

/!\ Ceci est un avertissement face à l'énorme pavé autobiographique, je vous conseille de vous faire un petit café ou thé avant d'entamer votre lecture, voir de finir ce roman en deux fois. Bonne lecture et bon courage (j'ai résumé au mieux mais je n'ai pas pu tout dire en plus raccourci )


Si j'ai choisi ce titre, c'est parce que c'est ce que je me dis souvent, que la vie est parfois plus forte que nous et qu'elle nous fait tomber parfois sur des personnes qu'il n'aurait jamais fallu croiser. Et je pense que ça résume bien la situation. Maintenant, après cette introduction, nous allons passer au développement. ( ^^)


Je ressasse quotidiennement des faits qui m'ont totalement brisée petit à petit, je me lève avec ces traumatismes, passe ma journée avec et m'endort en y pensant. C'est sans doute le plus difficile de vivre avec sans possibilité de déposer ça un moment, juste pour souffler.


Quand j'ai commencé à me blesser il y à 7 ans (j'avais 15 ans, en 2009), j'étais déjà instable psychologiquement depuis plusieurs années et l'adolescence n'aide pas, j'étais complètement ailleurs par rapport aux jeunes de mon âge je n'appréciais déjà pas la vie que j'avais, je pensais à mourir assez fréquemment. De là s'est ajouté la prise de conscience de mon homosexualité, j'en ai parler avec mon père et par la suite je suis allée de moi même voir une psychologue, mais c'était surtout pour parler de ce mal-être que j'avais sans explication valable. Elle à dû mettre mes parents au courant comme j'étais mineure, mon père est venu une fois avec moi, et à raconter sa vie comme si la séance était pour lui, il à empiété sur ce temps de parole qui était à moi, à insisté lourdement sur le fait que je me cherchais, que ça ne voulait pas dire que j'étais homosexuelle.


J'ai dû continuer une séance et puis plus rien, mes parents ne voulaient pas payer, ils ne cherchaient pas plus loin, la psychologue ne m'a même pas recontacté par la suite alors que je venais plus sans avoir donner de raison.
A l'école je ne faisais plus rien, j'avais complètement abandonné, ça ne me plaisait pas. J'ai dû redoublé mon année de 3 ème dans un autre collège et les soucis ont empirés.


J'ai rencontré un garçon et j'ai commencé à le fréquenté sans me poser trop de questions bien qu'il ne m'attirait pas vraiment. La relation à durée 8 mois peut-être 9. C'est à lui que j'ai donné mon corps pour la première fois assez vite (qui couche à 15 ans au bout de 2 mois ?) Je me sentais mature, ça s'est su au collège, je ne vous dit pas pour qui je passais, on venait jusqu'à me voir pendant que j'attendais mon bus pour savoir si c'était vrai. J'avais honte.
A la fin de la relation, j'ai su qu'il était allé voir ailleurs pas mal de fois. Il est parti pour une autre fille et au bout d'un mois de séparation j'ai accepté de le revoir. Je n'aurais pas dû puisque après l'avoir empêcher de m'embrasser toute l'après-midi j'ai commencé à avoir peur parce qu'il ne lâchait pas l'affaire. Parce que je savais comment il pouvait devenir violent. J'étais tétanisée. Et bien qu'il voyait que je pleurais ça ne l'a absolument pas empêcher de s'approprier mon corps comme si c'était un jouet. Je ne savais pas comment m'en sortir, il n'y avait personne. J'ai prétexté que je devais partir en restant calme, il m'a laissé partir et je me suis mise à courir très vite en pleurant dans la rue, les gens me regardait.
J'ai demandé par téléphone pourquoi il à fait, il s'est excusé. Fin de l'histoire.


Pourtant quelques mois après à mon entrée en seconde (16 ans, 2010), j'accepte de revenir en me disant qu'il avait juste péter les plombs, que c'était pas si grave, qu'il ne devait pas être dans son état normal. Seulement ça restait présent dans mon esprit. J'ai rencontré un autre garçon entre temps, alors je suis partie mais après l'avoir tromper avec lui parce que je pensais lui faire autant de mal qu'il ne m'en avait fait, je voulais qu'on soit quitte. C'était stupide. Immature.
Je m'étais faite une amie avec qui j'étais TRÈS fusionnelle, je pense que je tenais beaucoup plus à elle que je n'avais envie de le voir.
On traînait avec une autre fille mais ça n'a pas duré longtemps, elles se sont chamaillées toutes les deux comme des gamines. De toute façon c'était ce que j'étais moi aussi après tout, une gamine.


A la fin de l'année scolaire, j'ai su que la fille à qui on ne parlait plus avait fait des truc avec le premier gars avec qui j'étais sortie alors que j'étais encore avec lui à ce moment là.
Il s'est bien amusé à me tromper sans cesse. A la fin de la seconde, il s'est aussi passé que mon amie avec qui j'étais assez proche, qui me qualifiait de meilleure amie en plus voyez-vous ça, à inventé je ne sais quel mensonge pour que mon petit ami de l'époque se barre avec elle (le deuxième garçon, j'espère que vous suivez ^^). Soit disant que j'allais draguer d'autres garçons ou je ne sais quoi. Je suis tombée des nues. Ça à été un joyeux bordel. Mais comme elle était très maligne, elle à renoué avec la fille de notre classe je ne sais comment bien avant la rentrée en première.


Je ne voulais pas revenir en classe, j'ai demandé à ma mère de me changer de lycée mais elle n'a pas voulu. L'été, le gars en question s'est amusé à me faire croire à des belles paroles pour coucher avec moi, puis après il est reparti avec elle.


Puis il a fallu rentrer au lycée, en première donc (17 ans, 2011). J'appréhendais énormément. Elle à petit à petit mis à dos toute la classe contre moi, elle à fait en sorte de passer pour la fille bien d'avoir fais en sorte que mon copain me quitte pour elle. Personne n'est venu me soutenir. Personne. J'ai passé l'année scolaire la plus pénible de toute ma scolarité. Personne ne me parlait, j'étais devant à tous les cours, je n'osais pas bouger, on se moquait de moi, on me regardait en ricanant, ce genre d'idioties. J'étais complètement mise à l'écart. J'ai alors commencé à flipper d'aller manger toute seule alors je ne suis plus aller manger. Au début je mangeais rapidement et puis j'ai complètement arrêté de manger. J'allais travailler au CDI le temps du midi.


Je me suis plongé dans mon travail scolaire et les profs ne faisait que me féliciter de mon bulletin et de l'écoute que j'avais en classe. Ils voyaient pourtant ce qu'il se passait, ils étaient même au courant mais ils n'ont absolument rien fait. J'ai même sécher les cours plusieurs fois. Les choses se sont envenimées, je me suis mangé une gifle par la fameuse fille, je l'ai insulté en retour. J'ai voulu partir de cours, on ma lancé "personne veut de toi de toute façon " de la part de la deuxième fille dont j'ai parlé avant. Je me suis fait volé mon portable pendant un cours.
Mes parents sont allés voir la CPE qui n'a rien fait à part osé dire que c'était des histoires de filles qui ne la concernait pas, que j'avais sans doute une part de faute là-dedans. La situation à encore plus dégénérée puisque mon père en voyant mon ancienne meilleure amie pas loin de chez nous, s'est énervé et lui à dit de ne plus s'en prendre à moi, et comme il impressionne beaucoup quand il s'énerve, la nana à pleuré. Elle à eu l'audace de porter plainte contre mon père en inventant qu'il l'avait taper. Ça à été classé sans suite parce qu'elle racontait n'importe quoi. Fin de l'histoire.


Arrivé à l'été de première (18 ans, 2012), j'ai bêtement revu le deuxième garçon avec qui je suis sortie. Je suis tombé enceinte. J'avais 18 ans, j'ai pris la décision de ne pas en parler à mes parents. J'ai prévenu le gars qui m'a dit de me débrouiller toute seule. J'ai dû faire toutes les démarches toute seule, encaisser la leçon de morale de la sage-femme, avorter seule. Ça m'a complètement traumatisée. Je me suis fais insulté en prime, traité de pute par le gars.
Je ressentais énormément de culpabilité, mais je me disais qu'avec un père comme ça, accro au cannabis en plus de ça, ce n'était pas bon pour un enfant, que j'aurais eu un lien toute ma vie avec lui par un enfant et ça c'était insupportable.


Je suis entrée en terminale (année de mes 19 ans, 2013), les choses se sont un peu plus tassées pour moi, j'ai pu traîner avec des personnes de ma classe, la situation à été différente puisque mon ancienne amie s'en ai manger plein la poire, il y à eu des histoires de filles et c'est elle qui s'est retrouvé exclue. Je faisais ma petite vie mais je me suis dis que c'était vrai : la roue tourne. Mon ex à essayé de me contacté j'ai balancé l'excuse que je le bloquais de mes contacts, mon portable ne le permettais pas mais il y à cru. Il à demandé à un "pote" de sa classe de m'envoyer un message de sa part. Je l'ai envoyé balader et quelques jours après je lui ai demandé des explications sur quelque chose, je ne sais plus quoi. Il m'a dit ce que mon ex disait sur moi, à savoir qu'il avait mis tout son lycée au courant qu'il avait mis enceinte une fille, moi, qu'il était hors de question d'avoir un gosse "avec une fille comme moi". Ce genre de choses. Les insultes habituelles. Il m'a dit que ce n'était pas un gars pour moi.


Par la suite on à gardé contact tous les deux, on s'est vu une première fois et il s'est passé quelque chose de très beau, je n'ai jamais réussi à expliquer ce lien qu'on avait. On à commencé à sortir ensemble, je pense que c'était la première fois que je ressentais quelque chose de très fort. C'était un chouette type. C'est devenu assez sérieux, mes parents l'aimait bien, j'allais passer des weekends chez lui. Il était très amoureux. Ma première année de fac s'est déroulée assez calmement, même si j'étais toujours traumatisée par les faits antérieurs, il était au courant.
Au bout d'un moment je savais que je n'étais pas épanouie tout comme avec les autres garçons avec qui je suis sortie (je ne vais pas développer sur l'homosexualité vu que j'ai un sujet, cf sexualité), mais ça à commencé à déconner entre nous parce que même si je ne comprenais pas pourquoi, il m'arrivait de le repousser fréquemment. Je ne sais pas trop à quel moment ça commençait à ne plus aller du tout mais ça à du démarrer fortement à l'été qui à suivi, ça faisait 1 an qu'on était ensemble, on est partis en vacances et j'ai senti que ça collait de moins en moins. Je pense que je m'éloignais mais sans vraiment m'en apercevoir.


Les mois qui ont suivis j'ai entamé ma deuxième année de fac (20 ans, 2014) et ça à été la grande chute. La dépression est arrivée petit à petit et j'ai compris qu'il y avait un soucis une fois qu'elle était déjà bien installée.


J'ai donc décidé d'aller voir le CMP, on m'a dit qu'il fallait que j'attende 3 mois avant de pouvoir voir quelqu'un, je suis allée voir une fois une psychologue au planning familial qui avait juste hâte de finir sa consultation...
Arrivé en janvier 2015, avec mon copain c'était de pire en pire et je sentais qu'il avait envie de se séparer de moi, de mon côté j'étais dans un état où j'arrivais plus à me gérer, j'avais des angoisses tous les jours, je pleurais, plus la force de manger, je n'arrivais plus à dormir.
Les envies suicidaires commençaient à être beaucoup trop présentes et je n'arrivais plus à trouver la force de me lever et d'aller en cours, je passais mes journées dans mon lit.
Je suis allée un matin demander au médecin de la fac de me mettre en arrêt parce que je n'étais plus du tout capable de me gérer, je suis rentrée chez moi, j'étais en résidence universitaire la semaine.


Mes parents ne comprenaient rien et je ne voulais rien leur dire. Au début ils n'ont trop rien dis, je suis allée à mes consultations avec une infirmière psychologue de la fac et une psychiatre qui m'a prescrit des AD et des anxiolitiques. A peine 2 mois après ça, mon copain me quitte d'un seul coup en me disant qu'il ne peut plus supporter, alors que monsieur n'a pas daigné venir me voir pendant mon arrêt (rien à foutre quoi), il m'a dit qu'il m'avait menti pour ne pas passer le nouvel an avec moi, qu'il se faisait chier avec moi, enfin voilà que des choses pas très gentilles qu'il n'était pas obligé de me dire étant donné que j'avais compris qu'il voulait s'en aller parce qu'il ne m'aimait plus.


On est resté 1 an et demi ensemble et je pense que malgré tout je méritais sans doute un peu plus de respect. J'ai péter un énorme plomb, à ce moment c'était la dernière des choses dont j'avais besoin parce que j'avais réellement besoin de lui auprès de moi. Il à expliqué à mes parents les raisons qui expliquaient la dépression. Mes parents ont été très retournés, en même temps apprendre un avortement et une agression sexuelle de but en blanc c'est pas terrible. Ils n'ont pas compris pourquoi je n'avais rien dis mais ils sont tellement peu "pédagogues" qu'aujourd'hui je ne regrette toujours pas de n'avoir rien dis.
Je m'en suis pris plein la figure ça n'a rien arrangé.

Quelques jours après, j'ai fais la bêtise d'avaler des médicaments, on m'a gardé une nuit en observation, j'ai refusé l'hospitalisation, mais on m'a dit de prendre contact avec le CMP de ma ville. J'ai vu une infirmière psy deux fois et ce n'était pas la même. Ensuite plus rien puisque il fallait que j'attende 5 mois d'attente avant de pouvoir voir un psychologue. Je n'ai pas continué de traitement médical parce que j'avais un peu peur de continuer à en prendre.

Mes parents m'ont convaincue de porter plainte. C'était très douloureux de le faire parce qu'il fallait que je détaille le plus possible, même presque 5 ans après les faits je me rappelais assez précisément. J'ai dû aller faire une expertise psychologique, montrer les lieux où ça s'est passé. Il à été placé en garde à vue et entendu mais j'ai refusé une confrontation, ça ne faisait que quelques jours que j'avais porté plainte je ne me sentais pas du tout capable de l'affronter. J'ai passé des semaines à ne pas vouloir sortir de chez moi de peur de le croiser, ça à failli arrivé une fois, c'est même arriver avant que je porte plainte et je me suis cachée comme une gamine parce que j'avais peur. Mes parents ne m'ont pas fait voir de psychologue (bah oui c'est trop dur de payer pour ce genre de choses ).
Ils ont toujours été comme ça là-dessus et je leur en veut beaucoup. On à pas eu de réel dialogue sur tout ça. Mon père à un peu fait l'autruche. C'est plus ma mère qui s'est occupé de ça mais ils ont eu tendance à ramener tout ça à eux comme s'ils avaient subi à ma place, et de me dire de me bouger le cul. C'est sûr que quand on est dans un sale état, on n'est capable de se bouger sans suivi psychologique, qui ne sait pas ça voyons!


J'ai essayé de sauver mon année de fac, et j'ai réussi je ne sais pas comment a rattraper tout ce retard en n'allant plus en cours. On à déménager avant l'été dans la ville où j'étudie, depuis ça va un peu mieux parce que je peux sortir dehors sans flipper comme une malade et j'ai repris plaisir à aller en cours.


Ma mère m'a dit que je verrais un psychologue dès septembre, je l'attends toujours.
Finalement j'ai accepté de faire une confrontation en octobre après avoir entendu ce qu'il avait dit lors de sa garde à vue : il m'a fait passer pour une fille facile. C'était bien joué pour tenter de minimiser ce qui s'est jamais passé selon lui. Et moi ça m'a énormément mise en colère. En arrivant, j'ai vu de loin qu'il était déjà au commissariat, ils a pris le temps de bien me dévisager derrière la fenêtre.
J'ai dû appeler pour qu'on vienne me chercher parce que j'étais incapable d'attendre dans le même endroit que lui et j'ai demandé à ce qu'on ne se voient pas pendant la confrontation.

Le savoir à côté de moi et l'entendre même si je ne le voyais pas ça m'a quand même bien bouffer les nerfs. J'avais les poings serrés tout le long. J'ai maintenu ma version des faits et lui aussi, celle remplie d'humiliation ça avait dû être marrant apparemment pour lui de raconter nos ébats sexuels ou d'inventer des choses pour essayer de m'humilier. Je pense que ça l'amusait beaucoup d'être devant un policier, parce que je sentais qu'il était décontracté, monsieur à même dit qu'il avait d'autres choses à faire ce jour là. Bah oui moi pas apparemment. Il à osé dire "pourquoi porter plainte maintenant ?". Moi j'étais tellement en colère que je pleurais à chaudes larmes et j'étais incapable de me défendre j'ai perdu tous mes moyens. J'ai juste dit à chaud "moi aussi j'aimerais bien avoir des troubles de la mémoire !" parce qu'il à osé dire qu'il en avait donc monsieur se rappelle de rien. Peut-être que je ne mens pas mais monsieur ne se rappelle pas.


Je me sentais salie une deuxième fois avec tout ce qu'il disait c'était limite supportable pour moi. Il savait très bien pourquoi il était là puisqu'en essayant de me crédibiliser il s'emmêlait les pinceaux. Sachant que quand il s'était excusé au moment des faits il avait très bien reconnu la situation, donc il savait pourquoi il était là. J'ai dis que moi je m'en fichais qu'il ai une peine que je voulais juste que les choses soient reconnues, que je l'entende de sa bouche. Parce que j'en avais besoin. Ça n'a évidemment rien changer. J'ai été beaucoup remuée. Je suis dans l'attente de savoir ce qu'il va se passer maintenant. Je n'ai pas le courage d'appeler pour savoir où en est mon dossier, je ne me sens pas capable d'aller plus loin et j'espère que le dossier va être classé. J'ai eu ce que je voulais, ça me suffit et l'idée de me retrouver avec lui une nouvelle fois mais devant la justice me terrifie. Je ne peux pas à nouveau redire les mêmes choses, l'entendre à nouveau m'humilier. Je ne pourrais pas.


Il s'est passé 6 mois maintenant depuis ça et je suis toujours au point mort. Je pensais aller un peu mieux par la suite mais les idées noires sont revenues rapidement s'installer. Du coup j'ai eu l'intelligence de recommencer à me couper parce que je pensais que c'était moins dramatique que de retenter de mourir. Parce que je ne veux plus retourner dans cet état de "légume", je ne me reconnaissais plus, j'avais la sensation de souffrir physiquement, j'ai vécu un enfer. Je pouvais décider de passer à l'acte en seulement quelques secondes c'était horrible...


Je me sens responsable de tout ce qui m'est arrivé, je me dis que j'ai bien dû chercher les problèmes qui me sont arrivés. Je me dis que certaines subissent bien pire que moi au niveau des viols, parce que moi ce n'est pas aller "au bout de choses", ça à beau rentrer dans le cadre du viol, je n'arrive pas à me dire que je suis une vraie victime, je me dis que ce n'est pas si grave, que je dois oublier, mais je n'oublie pas j'y pense sans arrêt, j'ai l'impression que mon corps n'est plus à moi, l'IVG à accentuée cette sensation, comme si mon corps ne m'appartenais plus. Je ne me suis toujours pas pardonné cet acte, j'ai l'impression d'être monstrueuse. Je me sens souillée.


Je me dis que j'aurais dû assumer plus tôt mon homosexualité sans ça il ne me serait pas arrivé tous ces problèmes. Avec le recul je sais que je n'étais pas vraiment amoureuse de ces gars, je pensais que l'amour c'était ça, de l'affection et donner son corps en cage d'affection. Après tout je l'ai bien cherché dans un sens, non.


Tout ça me bouffe la vie, je suis incapable d'avancer dans ma vie, je reste bloquée là-dessus, et pourtant j'ai bien essayé de vivre avec. Mais c'est insupportable. Je ne sais même pas comment décrire ce que je ressens, mais c'est pesant, fatiguant, j'ai énormément de colère. Je me dis que je n'aurais jamais dû naître si c'est pour vivre avec ce poids là en continu. Je sais qu'il y à des choses beaucoup plus graves dans la vie, mais j'ai dépassé mon quota de tolérance à la douleur. J'ai eu une adolescence tellement pourrie que ça entache ma vie actuelle. C'est compliqué de se projeter au présent et encore plus au futur. J'ai l'impression que c'est insurmontable.


Je ne vois pas en quoi c'est cool, où est l'espoir là-dedans, d'être toujours en vie, de ne pas avoir pris les bons médicaments. C'est moche à dire mais je le pense très souvent. Parfois je me dis que les choses peuvent devenir meilleures. Mais on ne contrôle pas la vie. J'ai fais des choix qui étaient loin d'être bons.

Désolé d'avoir écrit autant mais c'était inévitable que j'en passe par là.
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Cassandre



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MessageSujet: Re: Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?   Mar 3 Mai 2016 - 20:16

J'ai tout lu ton pavé déjà.

Je pense que t'es pas nulle. Je pense que t'as fait ce que t'as pu dans des situations pas faciles, et sans aide, ou avec une aide pas à la hauteur. Quand on regarde ce qui va pas dans sa vie on se dit toujours "si j'avais fait ci si j'avais fait ça", mais t'es pas devin. T'as essayé de te démerder au jour le jour, en essayant de rentrer de toutes tes forces dans le moule de l'hétérosexualité par exemple, parce que les gens te disent, te font croire, que c'est ce qu'il faut faire.
Et pour l'IVG de mon point de vue c'était une bonne décision. Accueillir un enfant dans une situation pas stable, sans père ou avec un père "pas bien", alors que tu as encore plein de soucis à régler dans ta vie... S'il était né, tu aurais sans doute souffert, il aurait sans doute souffert, tu n'es pas monstrueuse.
Et on a jamais "bien cherché" quand des connards profitent de nous.

Désolée j'ai pas l'énergie de répondre plus en détails, puis je m'y sens pas légitime, mais je tenais quand même à répondre un peu.

edit : ah oui et j'espère que tu vas enfin trouver un suivi psy qui te convient.
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Break & the legs



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MessageSujet: Re: Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?   Mer 4 Mai 2016 - 0:10

[quote="LittleLady"]
(qui couche à 15 ans au bout de 2 mois ?) [quote/]
Toi, moi, d'autres lol
Par contre, je reste assez d'accord sur le fait qu'après coup, avec le recule, c'était peur être trop jeune. Je parle pour moi, et je crois sentir que c'est pareil pour toi.


J'ai beaucoup écouter cette chanson à un moment donné:

Avoue que ça te fous les boules quand après t'as une connasse qui vient agiter la possible interdiction de l'avortement après lol ?



Accepte deux trucs:
T'as pas eu de bole, tu fais partie de ces personnes qui ont tiré les cartes de merde pour leur vie. Oui, tu es victimes.
Tu peux vivre bien, mieux. Ca ne fait pas de toi une mauvaise personne, ça ne conditionne pas ta vie future, pas tes actes et tes actions, ta personne.

On trouve toujours plus affreux dans la vie, et?
Est ce que ça enlève toute légitimité à ta souffrance? A ce que tu traverser?
C'est un réflexe assez courant de se die que les choses qui nous arrivent sont de notr faute.
C'est sûr que ce genre de violence gratuite, si on ne l'explique pas de manière à ce que la cause soit personnelle, on se retrouve avec une énorme colère. C'est tellement injuste.
Et puis après il y a alors le dernier pas à faire qui est de pardonner. Pas oublier hien. Mais pardonner. Etre plus en paix avec son passé.
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LittleLady



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MessageSujet: Re: Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?   Jeu 5 Mai 2016 - 22:44

Merci de m'avoir répondu, surtout lu haha.

C'est sûr que je peux comprendre dans un certain sens et avec beaucoup beaucoup de distance que ça dérange des gens l'IVG mais l'interdire ferait énormément de dégâts.

"On trouve toujours plus affreux dans la vie, et?
Est ce que ça enlève toute légitimité à ta souffrance? A ce que tu traverser?"

Pour répondre à ça, en fait je l'ai dis pour enlever le côté "je me plains" que je ne voulais pas faire ressortir dans mon texte. Parce que beaucoup de gens le dise "il y à plus grave" "arrête de te plaindre". En fait on m'a toujours empêché de m'exprimer, c'était sans arrêt dans le sens que je me plains alors que je suis plus dans l'optique de parler plutôt que de tout garder en moi. Mais c'est ainsi, je n'ai pas le droit de me plaindre un instant parce que voilà il y à des drames dans la vie plus important, et évidemment on me ressert toujours l'exemple de la famine, la guerre, ce genre de choses. Bien sûr que oui que c'est des choses extrêmement graves mais on m'a toujours dis ça dans le sens ou moi comme je ne vis pas ces choses là je devrai un peu arrêter de chouiner quoi. C'est très fatiguant d'entendre ça. C'est pour ça que je n'ai jamais vraiment parler de ces choses avec des amis de confiance par exemple, parce que c'est toujours ça qui revient sur le tapis, même après ma TS, une pote à osé me gueuler dessus sans chercher à comprendre le geste. "bouge ton cul quoi"

"Et puis après il y a alors le dernier pas à faire qui est de pardonner. Pas oublier hien. Mais pardonner. Etre plus en paix avec son passé."

Quand tu dis ça je ne sais pas si tu parlais de me pardonner à moi même ou à la personne concernée ?

Pardonner à soi même ça prendra sûrement pas mal de temps mais pardonner autrement, enfin à la personne responsable, non. Il à gâché mon adolescence même si elle était déjà entamée.

Ça m'a fait du bien d'écrire en tout cas, c'est apaisant quelque part.
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LittleLady



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MessageSujet: Re: Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?   Jeu 19 Mai 2016 - 9:48

Avant hier je me suis souvenue d'un fait qui date, j'avais encore 15 ans et c'était avec le tout premier gars que j'ai connu on va dire. C'était une après-midi, on était chez lui et il n'y avait personne, a un moment on était complètement nus et il à voulu le faire et au dernier moment j'ai dis non et il à insisté en essayant de forcer les choses donc j'ai dû insister moi aussi pour dire que non je voulais pas. Je voulais pas que ça se passe comme ça. Je m'en rappelais pas jusqu'ici c'est assez bizarre.
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Break & the legs



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MessageSujet: Re: Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?   Ven 20 Mai 2016 - 22:19

Je répond un peu à la boure:

LittleLady a écrit:

C'est sûr que je peux comprendre dans un certain sens et avec beaucoup beaucoup de distance que ça dérange des gens l'IVG mais l'interdire ferait énormément de dégâts.
Wai bah en somme ça devient alors vachement égoïste d'interdire ce genre de liberté. Complètement con. Ok ca peut foutre mal. Sauf que c'est une bride de raisonement. Si tu pousses pas plus loin et vas même jusqu'à faire chier la liberté des autres pour ton petit confort, tu mérites un bon gros coup de pied au cul.


LittleLady a écrit:

Quand tu dis ça je ne sais pas si tu parlais de me pardonner à moi même ou à la personne concernée ?
Les deux.
C'est pas facile à faire hien, et peut être là ca te parrait complètement incongrue et déplacée d'imaginer quelqu'un dire ça après ce qu'il s'est passé. Sauf que c'est une réalité.
Tu peux pas passer ta vie à croupir de haine pour une personne. A devenir aigri, à ressacer.
Progressivement, le temps va faire les choses sans que tu t'en rendes vraiment compte. A force d'éponger la plaie, elle va se refermer doucement, la douleur va se caser dans un coin de ta tête, en arrière fond.
Et puis tu aura une cicatrice, avec laquelle tu vivra en paix. Des fois tu l'as trouvera moche, d'autre fois elle ne te fera plus rien, et encore d'autre fois tu passera dessus sans t'y attarder, sans haine, sans crise de larme.
Ca arrive, c'est possible. Ca mets du temps mais ca vient.
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Stana



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MessageSujet: Re: Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?   Sam 21 Mai 2016 - 23:10

Je t'ai lue attentivement LittleLady Wink je sais comme c'est important parfois de tout mettre noir sur blanc, et aussi de savoir qu'une ou plusieurs personnes prendront le temps de tout lire et comprendront peut-être bien, donc pas de problème.

Tu sais, ce n'est pas parce-qu'"il y a pire" comme on dit qu'une souffrance est moins importante qu'une autre, toutes sont respectables et méritent d'être reconnues. Il y a toujours pire que soit, mais ce n'est pas un manque de considèration pour les peines, déboires d'autrui que de se concentrer sur les siennes, il faut aussi être à notre propre ècoute et exprimer ce qu'on ressens, de la manière qui nous convient. D'autant plus que ce que tu as vécu jusqu'à présent a forcément été très dur pour toi.

Tu n'as rien fait de mal. Ce sont ces garçons qui ont mal agis envers toi. Il est naturel que tu ai eu besoin d'affection, de tendresse, d'autant plus que tu en manquais cruellement. Tu as placé toute ta confiance en eux et ils ont fini par la piétiner, chacun à sa manière. Ils ne méritent pas que tu te gâche la vie à cause d'eux. Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire, mais essaie de te le dire quand de mauvaises pensées te reviennent, ça peux vraiment aider.

Tu as eu raison de finalement porter plainte contre celui qui a abusé de toi. Quelles que soient les circonstances, un viol c'est un viol, c'est un crime envers la personne, il peux dire tout ce qu'il veut, toi tu connais la vérité. Si tu n'avais pas porté plainte, tu n'aurais pas été reconnue en tans que victime, et il ètait important pour toi que ce soit le cas, parce-que l'être reconnue officiellement, c'est pouvoir plus facilement le reconnaître face à toi-même. Tu as agis comme il le fallait.

Pour ce qui est de l'IVG, je n'y vois rien de condamnable: je ne pense déjà pas que ce soit répréhensible en soit, et en plus le responsable n'aurait pas fait un bon père, tu le dis toi-même, et de ton côté tu n'ètais pas prète pour la maternité manifestement. Le seul que tu doive blâmer pour son attitude avant et après, c'est ton copain d'alors.

On ne choisis pas notre vie à de nombreux points de vue, il y a toujours des choses qui échappent à notre contrôle et même n'ont rien à voire avec un contrôle quelconque, il y a des situations qui nous dépassent, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas aussi de belles surprises, tout aussi inatendues.

Quelle que soit ton orientation sexuelle, et tes aspirations en général, je ne peux que te conseiller de les vivre pleinement, sans te baser sur ce qu'en penseront tes parents ou qui que ce soit d'autres. Tu as ta propre vie, ta propre nature, personne n'est à ta place ni a à y être.
J'espère pour toi que tu trouveras Smile
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MessageSujet: Re: Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?   Mar 31 Mai 2016 - 1:31

Sans doute que j'y penserais moins avec le temps et que je pourrais supporter la haine que je ressens mais elle sera toujours là quand j'y penserais, je ne pense pas que ce soit une si mauvaise chose de haïr quelqu'un, il ne faut juste pas que ça empiète sur notre vie et je suis d'accord que pour le moment ça empiète trop.

Merci Stana d'avoir pris le temps de me répondre.

Je ne sais pas quoi dire.

Juste que ma situation familiale à empiré ce week-end, je n'ai pas encore eu le courage de l'exposer dans le topic.

Je suis terrifiée.

J'ai peur pour mon rdv avec la psychiatre vendredi. Ma mère croit que je suis équilibrée. Je ne lui ai pas parler du rdv je le ferai uniquement si c'est nécessaire par la suite. Et je suis persuadée que ça le sera. Je suis terrifiée qu'elle se sente déboussolée alors que je peux gérer ça toute seule. Mais les thérapies et les traitements ça lui fait peur ça lui prend la tête. Seulement je pense qu'il faut que j'en passe par là. Mais je sais ce qu'elle dira. Elle a pas envie que je sois comme mon père. J'espère qu'elle comprendra que la démarche c'est justement de ne pas rien faire comme lui.

J'ai beaucoup de retard à rattraper avec mes études. Je ne suis pas confiante du tout je pense que j'ai de grosses chances de redoubler mon année. C'est pas un problème en soit mais c'est chiant. C'est la fierté qui en prendra un coup quand on me demandera si ça a été ou pas. Je supporte pas que les gens pensent que je suis incapable d'aller au bout de mes études. C'est humiliant. J'ai l'impression que ça fait chier des gens en quelque sorte que je fasse des études mais je ne suis pas allée en fac pour me la péter mais parce que c'est la voie qui me semblait logique pour mon avenir. Et je pense que les gens ne le comprennent pas. Ça m'interpelle beaucoup quand même cette façon de pensée. Famille ou entourage.

J'ai peur de me planter à mes examens je mise beaucoup là dessus je me met sans doute trop la pression pour des partiels mais j'ai la trouille de me planter, je sais très bien qu'il y a 2-3 examens que je ne suis pas capable de valider et ça peut bloquer mon année et ça me tue.
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MessageSujet: Re: Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?   Aujourd'hui à 22:58

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Qui aurait cru que j'aurais cette vie là ?
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