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 Les abus de la psychiatrie

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Tatie Lem



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Sam 9 Mar 2013 - 19:09

Aujourd'hui, dans le milieu de la psychiatrie, le terme "fou" sous-entend que le patient gravite plutôt du côté du pôle psychotique.

Cela étant, des personnes dites psychotiques peuvent vivre toute leur vie sans jamais décompenser et parviennent à s'adapter suffisamment à la société. À ce propos, je pense que la psychiatrie y gagnerait à moins regarder les choses par le prisme des classifications et des entités nosographiques (mais elles sont nécessaires pour les traitements, pour la reconnaissance des handicaps, et aussi parce-que c'est une base pour prendre un peu de distance...) et plus par celui de la personne en elle-même. Redescendre vers la gêne occasionnée par le symptôme, qui signe autant une souffrance qu'un moyen de se dépatouiller avec cette souffrance et cette menace.
J'imagine qu'il ne doit vraiment pas être facile d'être un "bon" psychiatre ou un "bon" soignant dans le domaine psychiatrique. "Bon" pour moi signifie intellectuellement honnête, juste, à l'écoute, perspicace, et capable d'admettre ses difficultés et de repérer les impasses.
Moi qui me destine à un métier concernant la santé psychique, qui suis amenée à faire des hypothèses cliniques en me basant sur diverses théories (hypothèses qui ont pour but d'aider à se faire une idée de fonctionnement de la personne et de donner des pistes thérapeutiques)... c'est tentant d'écouter et de voir les éléments de manière filtrée pour faire systématiquement coller le tableau à un schéma simplifié et générique plus ou moins connu, qu'on nous a enseigné au cours de notre formation, en omettant la spécificité de la personne ou l'existence d'autres théories qui pourraient venir éclairer les choses sous un nouvel angle.

Heureusement, la proximité avec le patient, le fait de le voir comme une personne globale et unique, et l'investissement personnel dans le soin faisant partie des fondamentaux du boulot, on est vite ramené à la réalité et on constate tous les jours qu'au fond, on est jamais certain de comprendre les choses.
Cela étant, encore jamais fait de stage en psychiatrie. J'avoue que je ne me sens pas encore prête, mes soucis psy n'étant pas si éloignés que ça, et je trouve que c'est un domaine sur lequel on marche sur de sacrés oeufs... un peu trop difficile à gérer pour mon besoin d'équilibre entre importance éventuelle de mon intervention auprès des patients et capacité à être juste et créative dans mon travail.


Tiens, me fait penser qu'il faut que je révise mon cours de psychiatrie. Me semble que la partie sur la gestion de l'urgence et de l'agitation du patient contient pas mal de choses au sujet des chambres d'isolement, mesures de contention, HO et HDT.
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vlad tepes



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Dim 10 Mar 2013 - 22:34

Prunelle a écrit:
Alors que c'est faux. Un fou peut apprendre à s'adapter.

LEM a écrit:
Cela étant, des personnes dites psychotiques peuvent vivre toute leur vie sans jamais décompenser et parviennent à s'adapter suffisamment à la société

BUMP!!!!

Pas d'accord, ce n'est pas au "fou" de s'adapter, mais à la société de changer. La normalisation de notre société rend fou tout ceux qui refusent de s'adapter, c'est a dire refuse le concept production/consommation ou travail/exploitation, ou exploitation/profit. Le fou moderne (enrobé de politiquement correct) n'est plus seulement le psychotique mais l'exclu social, c'est a dire le pauvre, le criminel, l'ado rebel, le toxicomane et autre. En gros, l'anormal selon les normes capitalistes.
C'est comme l'am, on cherche à "soigner" le symptôme plutôt que la cause. Et ça mène a plus d'exclusion, plus de douleur...
Quoi de plus facile que d'interner à vie un anarchiste après qu'il aie purgé sa peine sous couvert de sa mauvaise santé mentale? Quoi de plus facile que d'enfermer un ex-enfant battu parce qu'il se montre violent? Quoi de plus facile que de créer la folie avec l'emprisonnement pour justifier l'enfermement des personnes justement devenue folle à force de passer 23h sur 24 entre quatre murs?
La psychiatrie est un nouvel outil de répression terriblement efficace parce que SCIENTIFIQUE!!!, et le pire, c'est qu'il est suffisamment convaincant pour paraître légitime.
Sans compter que sur les 170 experts ayant participé à l'élaboration du DSM, 56% ont un lien financier avec des pharma.

Bon, la, je m'arrête parce sinon, je vais brûler les hôpitaux psy et flinguer tout les psys.
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Trash Khan



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Dim 10 Mar 2013 - 23:51

D'un autre côté, si quelqu'un refuse les trucs fondamentaux de la société dans lequel il évolue, que doit faire la société? Changer pour lui? Je doute que ce soit une solution faisable au cas par cas car chaque refus du système peut être radicalement différent. Entre la personne qui met des clous dans le compartiment retour de monnaie des distributeurs, celui qui lit à voix haute un roman dans une librairie ou celui qui embrasse systématiquement la septième personne qu'il rencontre, la société ne peut pas s'adapter.

Oui, l'important n'est pas le bonheur de tous mais le bonheur de chacun.

Mais est-ce que je suis content du comportement d'autrui? Puis-je rendre autrui heureux avec mon comportement?

Les plus bas dénominateurs communs, qu'on le veuille ou non, sont les règles explicites et tacites de la société dans lequel on évolue.

T'as déjà essayé de rouler à droite en Angleterre?
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Tatie Lem



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Lun 11 Mar 2013 - 0:21

Je suis d'accord avec toi sur le fait que la société a aussi à s'adapter et sur l'existence de la vision "hors-norme"="fou" de mise dans pas mal d'endroits, malheureusement.

Personnellement, par "s'adapter à", je n'entends pas "se conformer à". J'entends "être dans la capacité à vivre sa vie dans son environnement (avec ses règles explicites et implicites) sans être débordé par la souffrance générée par cet environnement ou par autre chose."
Ce qui ne signifie pas nécessairement "être conforme à", à mon sens, mais pouvoir mettre en place des stratégies et des attitudes pour évoluer dans son milieu, ce que nous avons tout besoin de faire avec plus ou moins de travail, de difficulté et de renoncement. Et que nous aurons toujours besoin de faire, dans la mesure où la société idéale n'existera jamais, où c'est aussi cette capacité à évoluer face à la réalité des choses qui fait que nous nous développons. Dans ce qu'il m'a été enseigné, j'ai pu voir qu'un excès de conformation aux attentes extérieures peut aussi être considéré comme tendant vers le pathologique. Cela dit, je ne sais pas si ce sont celles qu'on retrouve en HP.

Et je parlais surtout de personnes psychotiques, qui ne sont pas dans un refus des règles implicites ou explicites, si par "refus" tu entends volonté ou tendance à ne pas s'inscrire dans/cautionner un système. Après, qu'il y ait des diagnostics abusifs, posés par des gens incompétents qui ne remettent en question ni leurs outils ni le sens qu'elles déposent dans leur travail ni leurs considérations éthiques, etc... j'en suis consciente, je n'en doute pas et c'est dramatique pour le soin psychique.

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Trash Khan



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Lun 11 Mar 2013 - 3:30

Certaines personnes vont ajouter leurs règles par dessus les règles existantes, soit rendant ces règles contradictoires, soit les renforçant de manière oppressante, oppression dans laquelle ils peuvent même parvenir à se sentir libre.
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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Lun 11 Mar 2013 - 10:03

Au delà de ça, du concret :

J'ai un ami qui allait assez mal. Idées suicidaires. C'est habituel que son humeur fasse du yoyo et finisse toujours par remonter (borderline, juste pour donner une idée). Un matin, il se rend au CMP où il a l'habitude d'aller afin de pouvoir parler avec quelqu'un. Là-bas, personne ne le reçoit. Ils appellent le pire HP que je connaisse et le mettent en HDT.

A peine arrivé là-bas, alors qu'il se demande ce qu'il fout là et qu'il est très calme, on lui tend un de ses pyjama dix fois trop grand pour lui. Il refuse calmement de le mettre, pour garder sa dignité. On l'enferme en chambre d'isolement, attaché, pendant une semaine. ça pue et les gens crient toute la journée. Ils lui enlèvent jusqu'à son slip et l'obligent à porter le pyjama.

Finalement ils le libère, il a accès au reste du service. Il y a un petit jardin mais manque de peau, le personnel soignant soupçonnant un patient de vouloir s'évader (version officielle, mais c'était pas très clair), ils ferment le jardin et organisent des horaires d'ouvertures. Les patients passent leurs journées à déambuler dans les couloirs, entre la télé et le jardin pour pouvoir ramasser des mégots par terre. Il voit un patient particulièrement mal en point pleurer toute la journée mais absolument aucun infirmier ne réagit jamais, ne serait-ce que pour discuter avec lui.

Au bout d'une autre semaine, il sort (il leurs a demandé de pouvoir rentrer chez lui tous les jours pendant deux semaines). Et là, se passe un truc qu'une intervenante en hôpital de jour m'avait raconté mais j'avais refusée d'y croire. Désormais, pour pouvoir sortir d'une HDT, il faut l'autorisation d'un juge. Donc mon pote se rend à un tribunal, accompagné de plusieurs infirmiers (ils sont déjà en sous effectifs, c'est clair qu'ils n'avaient que ça a foutre). Il rencontre un juge, qui n'y connais rien à la psychiatrie (normal, ce n'est pas sa formation). Qui l'autorise à rentrer chez lui.

Il m'a dit "c'est pareil qu'une prison". Et effectivement, je ne sais pas si des anciens détenus ressentent la même chose en sortant, mais quand t'as vécu un truc comme ça, tu vas mieux parce que le simple fait de marcher dans la rue sans blouse blanche est un luxe. Le simple fait de pouvoir aller dans un bistrot commander une bière, d'utiliser ton téléphone pour appeler un ami, de faire de longues balades : tu te sens libre.
La thérapie par le dégout.
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Pruneau



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Lun 11 Mar 2013 - 14:16

@vlad tepes :

Mais la société te bouffe tout cru si tu n'y corresponds pas... Personnellement, je n'oserai jamais me rebeller, je pense. Je préfère faire semblant d'être dans les normes. Même si je ne suis pas du tout d'accord.
Par s'adapter, j'entends faire semblant d'être normal. Pas faire trop de vagues, pour ne pas entrer dans le système du "t'es anormal, t'es à soigner". Parce qu'il est nul, ce système.

@Temporaire :

Ca me dégoûte tellement de lire ça...

J'ai une amie qui avait été aux urgences pour TS, mais elle avait expliqué son geste de façon tellement calme et rationnelle au psy de là-bas qu'elle n'avait pas été internée. C'était un geste très réfléchi, pas une impulsion.
Je ne sais pas trop quoi en penser, j'hésite entre "c'est un bon psychiatre parce qu'il fait du cas par cas" ou "il est dingue, un patient qui paraît calme et rationnel peut être juste hyper manipulateur et très malade".
Je penche plutôt pour la première option (surtout connaissant mon amie, en fait). Pardon, c'est un peu hors sujet, je crois que j'ai juste besoin de compenser le message de Temporaire, qui m'a trop choquée.


Dans l'hôpital où j'étais, tous les patients étaient systématiquement camisolés chimiquement à leur arrivée. Ca avait été impressionnant quand j'avais vu ça sur la personne arrivée après moi. Moi, je ne me souviens pas de ce qui m'est arrivé, j'ai un blanc d'une semaine.
Mais après ça, je me suis efforcée d'être apathique (encore que je pouvais difficilement être autre chose, étant donné les médocs), parce qu'ils avaient tendance à faire des injections et à envoyer en isolement un peu trop facilement.

Il y avait une fille, là bas, qui avait quoi, 20 ou 21 ans, qui était là depuis 5 ans. Elle n'avait aucune chance d'en sortir un jour... Elle avait été abandonnée là par ses parents après une TS, je crois.
Y'avait des patients plus âgés, ça faisait jusqu'à 30 ans qu'ils étaient là. C'était des légumes. Ils marchaient comme des zombies, c'était particulièrement flippant.

En fait, tous les autres patients me terrifiaient tellement que j'ai prétendu pendant tout mon séjour que je n'avais pas droit de sortir dans le parc, parce que je croyais que ça allait se passer très mal pour moi. J'ai demandé par curiosité la veille de ma sortie (j'y avais droit).
En plus j'avais entendu dire qu'il y avait eu une évasion du bâtiment des détenus. Je ne sais pas si c'était vrai.

Bref, je vais pas trop m'étaler, non plus !


Les autres personnes que je connais qui ont été hospitalisées n'ont pas toutes eu ce genre de mésaventure.

J'ai simplistement déduit que l'hôpital public, ça craint grave, et la clinique privée, ça passe.
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Fantomelle



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Lun 11 Mar 2013 - 15:12

Prunelle a écrit:

J'ai simplistement déduit que l'hôpital public, ça craint grave, et la clinique privée, ça passe.
Avec ma maigre expérience, je tends de plus en plus vers cet opinion également.
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Pravda Morgendorffer



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Lun 11 Mar 2013 - 15:41

Temporaire a écrit:
Au delà de ça, du concret :

J'ai un ami qui allait assez mal. Idées suicidaires. C'est habituel que son humeur fasse du yoyo et finisse toujours par remonter (borderline, juste pour donner une idée). Un matin, il se rend au CMP où il a l'habitude d'aller afin de pouvoir parler avec quelqu'un. Là-bas, personne ne le reçoit. Ils appellent le pire HP que je connaisse et le mettent en HDT.

A peine arrivé là-bas, alors qu'il se demande ce qu'il fout là et qu'il est très calme, on lui tend un de ses pyjama dix fois trop grand pour lui. Il refuse calmement de le mettre, pour garder sa dignité. On l'enferme en chambre d'isolement, attaché, pendant une semaine. ça pue et les gens crient toute la journée. Ils lui enlèvent jusqu'à son slip et l'obligent à porter le pyjama.

Finalement ils le libère, il a accès au reste du service. Il y a un petit jardin mais manque de peau, le personnel soignant soupçonnant un patient de vouloir s'évader (version officielle, mais c'était pas très clair), ils ferment le jardin et organisent des horaires d'ouvertures. Les patients passent leurs journées à déambuler dans les couloirs, entre la télé et le jardin pour pouvoir ramasser des mégots par terre. Il voit un patient particulièrement mal en point pleurer toute la journée mais absolument aucun infirmier ne réagit jamais, ne serait-ce que pour discuter avec lui.

Au bout d'une autre semaine, il sort (il leurs a demandé de pouvoir rentrer chez lui tous les jours pendant deux semaines). Et là, se passe un truc qu'une intervenante en hôpital de jour m'avait raconté mais j'avais refusée d'y croire. Désormais, pour pouvoir sortir d'une HDT, il faut l'autorisation d'un juge. Donc mon pote se rend à un tribunal, accompagné de plusieurs infirmiers (ils sont déjà en sous effectifs, c'est clair qu'ils n'avaient que ça a foutre). Il rencontre un juge, qui n'y connais rien à la psychiatrie (normal, ce n'est pas sa formation). Qui l'autorise à rentrer chez lui.

Il m'a dit "c'est pareil qu'une prison". Et effectivement, je ne sais pas si des anciens détenus ressentent la même chose en sortant, mais quand t'as vécu un truc comme ça, tu vas mieux parce que le simple fait de marcher dans la rue sans blouse blanche est un luxe. Le simple fait de pouvoir aller dans un bistrot commander une bière, d'utiliser ton téléphone pour appeler un ami, de faire de longues balades : tu te sens libre.
La thérapie par le dégout.
Ici, c'est clairement moins pire que ça. La plupart des infirmiers dont je me souviens étaient très corrects et sympathiques.

Ton ami a fait deux erreurs : insister pour ne pas porter le pyjama et demander de sortir. Je suis sûr que son rapport disait des choses comme : « Ne collabore pas. Montre des tendances antisociales et des symptômes psychotiques. » Quand les gens ne comprennent pas, ils disent toujours que c'est des symptômes psychotiques. Comme erreur mineure, il y a le fait de vouloir aller dans le jardin : il n'y a pas plus de choses à faire que dans la chambre, et ça donne une chance aux infirmiers de t'observer. Ils vont probablement trouver d'autres symptômes psychotiques.

Leçon : Le système est pourri. En attendant, faut essayer de s'en accomoder.
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Sybil



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Lun 11 Mar 2013 - 21:42

Ptin, quand je lis tout ça je me dis que je suis franchement bien tombée dans le service où j'ai attéri il y a 3 ans.
Pas de chambre d'isolement, un service ouvert toute la journée et une confiance envers le patient qui permet rapidement de bénéficier de sortie à l'après midi ... J'en passe.

Plus d'Anjela Duval et moins de remake de Vol au dessus d'un nid de coucou idéalement !!!!!
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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Mar 12 Mar 2013 - 15:40

Il y a des cliniques vraiment très bien. Le problème : c'est cher (voir très), et d'autre part, à une exception près ils ne prennent pas les gens sous HDT ou HO, ils ne sont donc pas mesure d'aider les cas les plus urgents.

Pravda : Je ne comprend pas en quoi réclamer ses droits fondamentaux est une erreur. Tu sais ils ne respectent pas les droits du patient, à un moment mon pote a reçu du courrier et ils ne le lui ont donné que quelques jours plus tard. ça peut paraitre anodin, mais ça tombe sous le coup de la loi : légalement ils sont obligés de le lui donner le jour même où ils le reçoivent, même s'il est en isolement.
Sinon tu sais, les infirmiers là-bas ne notent pas si tu veux aller dans le jardin ou pas (de toute façon, c'est le cas de tout le monde). Ils s'en foutent. Quand j'étais là-bas, je partageais ma chambre (les chambres simples, je crois qu'il n'y en a pas), il y avait une armoire métallique mais dès l'arrivée on t'expliquait que tu ne pouvait rien mettre dedans parce que les autres patients vont tout te voler, toutes tes affaires sont dans une salle close (ils avaient faillit perdre mon sac). Bref, tout ça pour dire, c'est pas le genre de chambre où tu peux te reposer tranquillement sur ton lit.
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Pravda Morgendorffer



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Mar 12 Mar 2013 - 23:25

Temporaire a écrit:
Pravda : Je ne comprend pas en quoi réclamer ses droits fondamentaux est une erreur. Tu sais ils ne respectent pas les droits du patient, à un moment mon pote a reçu du courrier et ils ne le lui ont donné que quelques jours plus tard. ça peut paraitre anodin, mais ça tombe sous le coup de la loi : légalement ils sont obligés de le lui donner le jour même où ils le reçoivent, même s'il est en isolement.
Sinon tu sais, les infirmiers là-bas ne notent pas si tu veux aller dans le jardin ou pas (de toute façon, c'est le cas de tout le monde). Ils s'en foutent. Quand j'étais là-bas, je partageais ma chambre (les chambres simples, je crois qu'il n'y en a pas), il y avait une armoire métallique mais dès l'arrivée on t'expliquait que tu ne pouvait rien mettre dedans parce que les autres patients vont tout te voler, toutes tes affaires sont dans une salle close (ils avaient faillit perdre mon sac). Bref, tout ça pour dire, c'est pas le genre de chambre où tu peux te reposer tranquillement sur ton lit.
Je n'ai pas parlé de droits, mais... justement : ils ne les appliquent pas. C'est triste et tout, mais en attendant, l'objectif, c'est de ne pas antagoniser les gardiens parce que c'est eux qui décident qui sort et qui ne sort pas. Dans le cas des vêtements ridicules, moi, j'ai toujours accepté quand on me les imposait, et, assez rapidement après, on me rendait les miens. Le patient est, en partant, dans une position de faiblesse, et tout signes de non-coopération ne fera que renforcer les a priori qui font qu'on ne pourra pas sortir.

Pour le jardin vs la chambre, j'imagine que ça dépend de beacoup de choses, à commencer par les préférences personnelles. Mes HP n'avaient pas de jardin, seulement de déprimantes salles communes. Moi aussi on barrait pas mal de choses à toutes sortes d'endroit (et on a effectivement perdu des carnets à moi et d'autres choses), mais ça ne m'empêchait pas d'avoir des livres. Par contre, la dernière chose que je veux, c'est être observé (même accidentellement) par des gens qui vont voir dans mes moindres gestes d'évidents « symptômes » et qui participent aux décisions à mon propos.
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Pruneau



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Mar 12 Mar 2013 - 23:43

Je suis entièrement d'accord avec Pravda Morgendorffer.
A partir du moment où t'es considéré comme un malade mental, pire, un patient d'HP, médicamenté et tout le bordel, la barrière est fine de te déclarer inapte au jugement, ou je ne sais comment ça s'appelle.

C'est dégueulasse, mais c'est leur territoire, leurs règles. C'est peut-être lâche d'agir comme ça, à se conformer pour se protéger, mais ça peut être une meilleure stratégie que d'attaquer frontalement quand t'es vraiment seul, sans allié, et en position de faiblesse.

Quand je suis entrée, les deux fois, on m'avait étiquettée d'imprévisible, à mettre sous surveillance particulière. Le moindre geste de travers, je me serais sûrement faite piquer. J'aurais sûrement pas pu sortir aussi rapidement que je l'ai fait. Je suis sortie parce que mes parents ont fait pression et que j'ai eu un comportement exemplaire tout le long.

En effet, les droits ne sont pas respectés, et en effet, c'est vomitif comme attitude, mais attaquer de front des personnes qui ont quasi tout pouvoir du fait de leur non respect des règles et de leur falsification de la réalité, c'est presque suicidaire. Pas forcément con, pas forcément dénué d'intérêt, de courage ou d'un fond juste, valable et honorable, mais ça me paraît quand même pas mal voué à l'échec. Même si cette conclusion me révulse.
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Fantomelle



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Mar 12 Mar 2013 - 23:52

c'est se soummetre.
Beurk.
meme si je lai deja fait aussi.
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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Mar 12 Mar 2013 - 23:55

Prunelle a écrit:
c'est presque suicidaire

Justement, ça tombe bien (si j'ose dire). Smile
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Caramel



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Mar 12 Mar 2013 - 23:58

Me fait penser au fait que mon psy me dit régulièrement qu'il me verrait presque mieux infirmière en psychiatrie qu'éduc.

Et que je lui dis répétitivement : Dans l'idée, oui. Mais dans les faits, je serais incapable de garder un taf plus d'une semaine, parce que les règles et les manières de faire en HP me foutent tellement la gerbe que je me friterais avec ma hiérarchie en moins de deux jours, et que je serais virée aussi rapidement.

________________
Profil partie de Loup Garou :

Nom : Johnny "Caramel" Waite
Age : 40 ans
Description physique : Taille moyenne, cheveux bruns avec parfois des reflets verdâtres, yeux globuleux
Origine : Insmouth, Massachusetts
Profession : vendeur itinérant
Particularités : Refuse obstinément d'évoquer son enfance, sa famille et sa ville natale. Vit au village par intermittence, en raison de son métier

-----

 

Caramel dit : Je peux faire Caca en paix ?


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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Mer 13 Mar 2013 - 17:00

HS
ou presque
ou pas
mais j'ai pensé à ici
quand j'ai entendu

"en Chine
les TS sont punis de mort"

...
à (re)voir
...


d'ailleurs
je tilt au poste de Vald
c'est étrange
comme on foutrait pas mal d'enfants
sous l'étiquette
"schizophrène"
(ou presque)
alors

la société est elle pas non plus
un peu folle
avec cette "normalité"
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Trash Khan



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Mer 13 Mar 2013 - 17:48

normalité qui n'est que théorique, d'ailleurs
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Break & the legs



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Mer 13 Mar 2013 - 17:55

c'est pour sa que je mets des
"guillemet"
pas envie de faire
des lignes et des lignes et des lignes et des pages et des pages
sur ce qu'est la
"normalité"
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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Ven 15 Mar 2013 - 17:11

Ouais, y a pas que la Chine. Dans un état d'Inde (peut-être même plusieurs états) le suicide étant interdit par la loi, quelqu'un qui déclare à un médecin avoir attenté à sa vie doit aller faire une déclaration à la police.
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kelkun_kelkepart



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Ven 15 Mar 2013 - 20:46

ouai j'ai lu en diagonale le sujet...

je me suis reconue plus d'une fois dans vos témoignage

et le coup de la "thérapie par le dégout" ouai ça me parle! au point que j'ai clairement dit à ma psy actuelle que je me laissais crever si un jour je retournais en HP (ça la choque parce qu'en plus elle sait que j'en suis capable^^)

enfin quand vous dites que l'on à 10 ans de retard en france vous etes gentil! par rapport à d'autre pays on peu aller facilement à 30 ou 40 années de retard!
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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Ven 15 Mar 2013 - 20:56

kelkun_kelkepart a écrit:
enfin quand vous dites que l'on à 10 ans de retard en france vous etes gentil! par rapport à d'autre pays on peu aller facilement à 30 ou 40 années de retard!

C'est plusieurs psys qui m'ont donné ce chiffre, tu parles de quels pays ?
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kelkun_kelkepart



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Ven 15 Mar 2013 - 21:13

boarf j'ai pas trop de références mais on peu siter les états unis, le canada; si on se raproche de l'europe on peux dire la suède ou la belgique...

après bon faut dire aussi que ce chiffre s'appuie en grosse partie sur la prise en charge de l'autisme (qui n'est pas une maladie psy mais traitée comme tel en france) mais il prend en compte d'autres troubles (bien que souvent associé à l'autisme) comme la depression, les TCA, angoisses, TOCs...

bref je conçoit que cette estimation peut sembler difficilement élargissable à la population globale des troubles psy étant donné que c'est surtout péché sur des sites dédié à l'autisme

MAIS meme si on ne monte pas jusqu'a 40 années de retard 10 me paraissent utopiques...
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Fantomelle



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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Ven 15 Mar 2013 - 21:17

Je suis pas mal d'accord avec toi kelkun. 10 ans de retard, c'est être gentil à ce compte là.
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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Ven 15 Mar 2013 - 21:33

L'autisme c'est encore autre chose, mais effectivement on a des décennies de retard pour la prise en charge de l'autisme en France (y en a encore qui proclament que c'est la "faute" de la mère alors que c'est génétique... bref ici c'est une catastrophe c'est clair).
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MessageSujet: Re: Les abus de la psychiatrie   Aujourd'hui à 21:21

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Les abus de la psychiatrie
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