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 La part de liberté dans le comportement addictif.

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MessageSujet: La part de liberté dans le comportement addictif.   Sam 9 Oct 2010 - 0:04

C'est plus un sujet de réflexion générale qu'une situation précise.

Quelle est la part de liberté, de libre-arbitre, dans l'addiction ? Avec ou sans substance, je parle du comportement addictif en général. Drogues dures, cigarette, boulimie, alcool, jeu, manies, etc.

Rien que le terme, addiction, exprime une contrainte, une absence d'indépendance et s'appliquait dans l'Antiquité romaine aux esclaves. Les addictés, ceux à qui on dicte tout.

Est-ce que la volonté suffit ? Qu'est-ce qui fait défaut à un "addict" pour s'en sortir ? Pourquoi la souffrance provoquée par l'envie (parfois quotidienne) de s'en sortir ne suffit pas* à éloigner le comportement ?

*Par là, je veux dire que si on prend en compte le nombre de fois où la personne se jure que "Aujourd'hui c'est bon" jusqu'au moment où c'est réellement fini, il y a, globalement, peu de réussites.
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MessageSujet: Re: La part de liberté dans le comportement addictif.   Sam 9 Oct 2010 - 0:54

Hum, je sens que cette phrase va faire bizarre, mais:
l'envie échoue. La volonté réussit.
Celui qui a envie de s'en sortir ne s'en sortira pas. Celui qui le veut s'en sortira.

Reste véritablement à le vouloir. Et puis, concernant certaines dépendances... y a la difficulté physique aussi. Les crises de manques c'est hard.
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MessageSujet: Re: La part de liberté dans le comportement addictif.   Sam 9 Oct 2010 - 2:14

Spleen a écrit:
Reste véritablement à le vouloir.
Comment ? L'addiction ne crée pas une dualité précisément à ce niveau-là ? Ce qu'on appelle "avoir ses démons" ?

Je pense que lorsque la volonté est (r)établie, on peut dire que l'addiction est, au niveau du psychisme, surmontée. Il reste à lutter contre l'empoisonnement et les habitudes, mais l'addiction au sens "dicte vers" est un processus interne sans lien avec la substance. Le plus gros du travail, c'est à mon avis ce que tu as pas mal réduit à ce "reste".

Quelle liberté on a face à ses "démons" et comment les chasser ?

A mon avis, la volonté comme traitement de l'addiction est pas mal un non-sens. Ça revient selon moi à dire que le traitement du cancer est de ne plus avoir de tumeur. Je pense qu'on retrouve la volonté au moment où l'addiction est mise à la poubelle, mentalement (qui peut survenir après ou avant l'arrêt du comportement addictif), ce qui revient à dire que tant qu'il y a addiction, il peut y avoir volonté, mais pas totale. Tant que l'individu est dans une phase où il n'a pas conscience de son état, où il est en parfaite harmonie avec ses excès, où il y a absence totale de volonté de changer de mode de vie, il n'y a pas de souffrance parce que pas de fracture qui se crée entre ce qu'il voudrait faire (début de volonté) et ce qu'il fait (contré par l'addiction). Dès le moment où l'individu projette d'arrêter sans pourtant y arriver, il se confronte à cette contrainte qu'il a en lui-même, cette contrainte qu'on appelle addiction, et c'est là qu'il y a souffrance, et passage de consommateur à addict.

En gros, je pense que baser la "guérison" sur la volonté est un non-sens, parce que c'est aller directement au résultat ou presque. Et que la difficulté de l'addict, c'est justement d'arriver à réparer la fracture liberté/dépendance. Fracture que, paradoxalement, il peut aggraver en tentant de s'en sortir, en faisant des rémissions et rechutes successives. Mettre la volonté comme point de départ alors que c'est le résultat d'une lutte pour et contre soi-même, c'est en plus très dévalorisant.
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MessageSujet: Re: La part de liberté dans le comportement addictif.   Sam 9 Oct 2010 - 9:26

Je n'ai pas d'avis spécialement tranché à ce sujet, j'ai tendance à penser que la volonté seule ne suffit pas mais que sans elle rien n'est possible.

On est libre, dans tout les cas, c'est la personne qui a décidé de se torcher la gueule/se piquer à l'héro/dilapider sa thune dans des machines à Vegas/whatever. C'est la personne qui a décidé, peut être induite ou sous l'influence de tel ou tel facteur, mais elle est libre de choisir, personne ne lui fout de canon sur la tempe.

Chasser ses démons, c'est reprendre la liberté que la personne a perdu avec l'addiction, ça implique remettre en cause son/ses modes de fonctionnement(s) et surtout ça implique un travail à la fois au niveau psychologique et également physique (la dépendance jouant très souvent sur les deux tableaux). Dans le premier cas un suivi le plus souvent est nécessaire pour établir le pourquoi/ du comment de l'addiction et ne pas replonger bêtement la tête dedans au moindre pet de travers, et le dans le second cas parfois une aide médicamenteuse est nécessaire, auquel cas ça ne relève plus iniquement de la volonté bien qu'elle reste nécessaire pour ne pas envoyer tout en l'air sous prétexte de la difficulté à s'en sortir.

En fait, je trouve que ça demande de la volonté active si on peut dire, et dans le contexte, non ça n'est pas évident, déjà parce que pour la plupart du temps la personne est dans le déni/dédramatise et/ou ne voit pas le danger. La volonté à vouloir se sortir de l'addiction s'en trouve donc partiellement absente puisque le sujet ne voit pas de raison positive au fait de se sortir de l'addiction puisqu'il n'en voit pas les conséquences négatives. Ou du moins pas assez, par rapport au "positif".
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Poudriere

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MessageSujet: Re: La part de liberté dans le comportement addictif.   Sam 9 Oct 2010 - 21:17

Je me refuse le fait d'être addict à n'importe quelle substance (je ne fume aucunes cigarettes par exemple) pour pouvoir justement préserver ma liberté !
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MessageSujet: Re: La part de liberté dans le comportement addictif.   Sam 9 Oct 2010 - 22:01

Ce qui signifie qu'il y a bien une réduction de liberté dans l'addiction, donc ?
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Poudriere

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MessageSujet: Re: La part de liberté dans le comportement addictif.   Sam 9 Oct 2010 - 23:24

Kagu a écrit:
Ce qui signifie qu'il y a bien une réduction de liberté dans l'addiction, donc ?

Si on est pas libre de faire autrement que de consommer notre drogue, pour moi oui.
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MessageSujet: Re: La part de liberté dans le comportement addictif.   Sam 9 Oct 2010 - 23:38

Sauf si on souhaite être dépendant à un produit, dans ce cas on est libre d'être addicte. Seulement ce sentiment ne dure pas quand on veut cesser l'addiction.

On peut avoir une volonté d'être libre au début, mais plus le temps passe et moins la liberté est en notre possession. Surtout au moment où l'on souhaite d'arrêté. là on se rend compte qu'on a perdu la liberté en cours de route, mais qu'on serait incapable de savoir à quel moment on n'a perdu se droit.
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MessageSujet: Re: La part de liberté dans le comportement addictif.   Dim 10 Oct 2010 - 1:22

J'ai un sentiment semblable. Une perte de liberté, pas totale, mais suffisante pour se sentir misérable parce qu'on n'arrive pas à arrêter un comportement. Seulement, ça m'embête. Parce que je crois, fondamentalement, au libre-arbitre de l'homme. Et par conséquent, je ne comprends pas l'ambivalence de l'addiction. La liberté de prendre une seringue, la remplir et la vider dans ses veines tout en hurlant non à soi-même. La perte de contrôle alors que c'est toujours l'individu qui agit, pas un autre être, et que... c'est pas un geste inconscient. Et malgré tout, cette perte de contrôle est réelle.

J'essaye de trouver des réponses, de comprendre pourquoi, qu'est-ce qui altère l'état de la personne pendant ne serait-ce que quelques minutes, juste le temps de rechuter, quelques minutes pendant lesquelles les conséquences ont disparu, l'attention a faibli, whatever.

Ça m'embête, parce que ça bouscule mes valeurs. Et ça m'embête aussi par rapport à mes propres dépendances. Parce que je suis quelqu'un de très "compulsif" paradoxalement à mon discours sur le libre-arbitre, et j'ai de plus en plus de peine à gérer cette incompréhension.
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MessageSujet: Re: La part de liberté dans le comportement addictif.   Dim 10 Oct 2010 - 1:33

Personnellement je pouvais me forcer à ne peux plus prendre de drogue, mais dès que l'envie me faisait dire oui, pendant que je roulais mon join, il m'était incapable de dire non, arrête. demain tu verras ce que tu feras. C'est comme si j'avais franchis un cap. Et que le non retour soit exclus. Donc que ma liberté en soit exclus elle aussi.

Après on ne contrôle pas son corps, si à un moment donné, notre esprit c'est entendu avec notre corps, il est très dur de faire le chemin inverse et d'arrêter de consommer.

Ce n'est pas la drogue le problème, mais la perception de l'esprit du consommateur et de son corps à d'elle.
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Trash Khan

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MessageSujet: Re: La part de liberté dans le comportement addictif.   Dim 10 Oct 2010 - 12:38

Citation :
Ce n'est pas la drogue le problème, mais la perception de l'esprit du consommateur et de son corps à d'elle.

C'est oublier la virulence des dites drogues. Exemple : le crack a un pouvoir d'assuétude dès sa deuxième prise.

Mais il y a effectivement le geste, le rituel, quelque chose finalement de connu et de presque rassurant dans une vie nécessairement mouvante.

Rite, répétition, fréquence, symbolisme que l'on attache à tout ça.

Et pour certaines personnes, le travail est précisément pour les raisons sus-décrites une drogue, car elle leur permet de bloquer les pensées, de les focaliser sur autre chose, sans pouvoir résoudre les problèmes graves ou non. Et sitôt qu'elles quittent la sphère du travail, elles se retrouvent de nouveau assaillies par les vicissitudes. Le travail comme fuite.

On les appelle des workaholics.

Et, par extension, les relations d'entraide sont parfois aussi des comportements addictifs et préjudiciables pour les deux personnes...

Kagu: le libre-arbitre est un leurre, tout comme the cake is a lie. Même si on peut choisir dans une certaine mesure quand on respire, on doit respirer. Ambivalence en effet, car la rechute est aussi perçue comme renaissance. Temporaire...

PS : Addiction est du franglais! Je lui préfère le vocable "assuétude", une habitude. Ici, on parle de mauvaises habitudes ou d'habitudes qui, bonnes au départ, peuvent tourner à l'obsession. Une volonté louable d'hygiène, une discipline de se laver tous les jours ou un TOC du lavage sont trois choses différentes...

PS2 : Il n'y a pas de libre arbitre absolu, comme il n'y a pas de déterminisme absolu. Il y a des probabilités plus ou moins grandes. Celle que j'ai de soulever trois personnes avec un seul bras est infime, mais chiffrable. C'est le postulat du calcul des probabilités.
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