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Seventh

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MessageSujet: s'y attacher   Mar 5 Oct 2010 - 0:25

J'ai mal, je marche vraiment sur une corde raide, si cette ville était dépourvue de toute présence humaine, j'hurlerais, braillerais tout l'air contenu dans mes poumons.

Je me suis toujours vu comme quelqu'un d'excentrique mais j'ai l'impression que j'frôle l'absurdité.

J'mexplique. J'vais pas écrire un roman parce que j'ai pas la prétention de savoir tout mettre en mots tout en restant le moindrement cohérente.

J'ai l'impression de manquer de sensations, l'impression d'être refoulée. J'ai toujours éprouvé une certaine réticence face à l'idée d'avoir confiance en quelqu'un, je ne fais jamais de confidences. En somme, j'ai très peu d'estime de moi. Je déteste parler de mes problèmes directement, je déteste utiliser les mots justes et j'ai tendance à tourner autour du pot plutôt que de clairement énumérer le fondement de mon mal-être, quand il y en a un. Je n'ai pas confiance en la capacité des gens à comprendre mon amertume, j'ai l'impression que personne n'est capable d'empathie authentique. Je me drogue à l'occasion, c'est une sorte de façon de me permettre des sensations dont j'ai peur de manquer, d'être déconnectée et d'avoir l'impression d'être dispensée de tout sentiment "d'anesthésie". Je ne vais pas jouer la mélo dramatique, car c'est parfois dans le simple but de m'amuser et dès que je suis en compagnie d'amis, je suis une fille joviale et incroyablement souriante. Je crois que c'est d'ailleurs pour ça que je n'ai jamais eu le droit à des questions comme "qu'est-ce qui va pas ?". J'ai une double face, j'aime la vie mais j'en paie un prix plus qu'amer. Je ne sais pas comment balancer les deux côtés. Je ne sais pas comment faire croire la vivacité de mon mal sans qu'on est une vision généralisée de ma vie. J'oubliais, je suis une nostalgique et j'ai les yeux constamment rivés sur le passé, je suis pessimiste.

Bref, le bref portrait étant dressé, l'impression de pencher du côté de la démence vient du fait que j'ai l'impression d'aimer cette "dépression", cette démotivation, cette détresse. J'ai l'impression d'avoir de l'affection pour cette amertume qui va finir par m'enlever la joie de vivre. J'aime la façon dont je refoule tout parce que j'aime le soulagement qui en résulte, quand j'explose en larmes. J'aime être vide, dans l'incapacité de tout partager parce que j'aime ces plaisirs artificiels auxquels j'ai recours, je tiens à préciser que ça n'est pas quelque chose de chronique pour autant. J'aime ma nostalgie parce que j'aime m'en morfondre.

J'ai trouvé une façon d'apprécier mon tempérament mais j'ai l'impression d'être hors de la norme. Peut-être que j'ai développé une sorte d'alternative, une façon de me mutiler mentalement. Mais je n'aime pas le voir d'une façon aussi frénétique. Le problème c'est que je sais que je ne vais pas mais que quoi qu'il soit, j'aime ce trouble. J'aime voir arriver des émotions, j'ai l'impression de me dissocier de la masse.

Mais, oui, j'ai mal et, aujourd'hui, j'aimerais hurler.

Est-ce si con de ne pas vouloir m'en départager ?

(Finalement vous avez eu le droit à mon incontournable roman)
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The-world-is-black

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MessageSujet: Re: s'y attacher   Mar 5 Oct 2010 - 17:58

Si j'ai tout compris, tu est prête à tout (y compris des comportements dits "à risque" genre drogues, etc ...) pour avoir des sensations, avec une optique de "si je ressens (que ce soit de la colère, de la douleur ou de la peine c'est pareil), c'est que je suis vivante, différente" ?
Et aussi, tu dis être toujours centrée sur ton passé, pour quelle raison ? Est-ce parce que tu crains le futur ?
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MessageSujet: Re: s'y attacher   Mar 5 Oct 2010 - 18:02

J'ai lu et relu plusieurs fois ce messages. Avant d'aller me coucher. En me levant. Il y a cinq minutes.
J'y lis notre mal du siècle. Qui n'a rien d'étrange.
Mais surtout je me demande: qu'est-ce qui te gène ?
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MessageSujet: Re: s'y attacher   Mar 5 Oct 2010 - 19:52

Pervers a écrit:
J'y lis notre mal du siècle.
A bien beaucoup d'entre nous...
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Seventh

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Nombre de messages : 195
Localisation : Québec
Date d'inscription : 23/12/2008

MessageSujet: Re: s'y attacher   Mer 6 Oct 2010 - 0:46

RedHeadAngel a écrit:
Si j'ai tout compris, tu est prête à tout (y compris des comportements dits "à risque" genre drogues, etc ...) pour avoir des sensations, avec une optique de "si je ressens (que ce soit de la colère, de la douleur ou de la peine c'est pareil), c'est que je suis vivante, différente" ?
Et aussi, tu dis être toujours centrée sur ton passé, pour quelle raison ? Est-ce parce que tu crains le futur ?
Je ne dirais pas que je suis prête à tout mais que cette alternative là, en particulier, je ne la rebute jamais même si j'ai l'impression que je devrais. L'impression d'être vivante, différente, c'est tout à fait ca. J'ai l'impression d'être fondue à la masse quand tout va trop bien ou que je me refoule.
Je crois que cette obsession du passé c'est de la nostalgie tout simplement. J'ai tendance e pas lâcher un événement qui m'a froissé, à tourner le couteau dans la plaie. Il y a toujours un quelconque événement que je regrette, une période qui me manque. Je crois que je n'aime pas oublier des périodes ou des gens qui m'ont tenu à cœur.

Pervers a écrit:
J'ai lu et relu plusieurs fois ce messages. Avant d'aller me coucher. En me levant. Il y a cinq minutes.
J'y lis notre mal du siècle. Qui n'a rien d'étrange.
Mais surtout je me demande: qu'est-ce qui te gène ?
Ce qui me gène ? Les causes varient beaucoup.
C'est comme si je l'avais cherché, cet état là. Comme je répondais à RedHeadAngel, je tourne le couteau dans la plaie, c'est comme si je me poussait à dramatiser dès que je tiens un motif de le faire. C'est devenu une habitude. Ah et évidemment, il y a la nostalgie. Je n'ai jamais l'impression qu'une période de ma vie m'est plus agréable, mais je ne manque pas de l'envier, les mois suivants. C'est comme si tout était considérablement plus beau dans le passé. La liste est non-exhaustive, mais bon, de ce côté là, j'imagine que je ne suis pas la seule pour qui ça peu être flou. C'est souvent intentionnel, cette peine. C'est souvent moi qui ramène des choses sur le tapis. Je sais quels souvenirs peuvent provoquer des crises de larmes si j'y réfléchis bien et je les utilise, comme si je m'arrangeais pour ne pas y devenir éventuellement insensible. Je déteste quand je développe une tolérance à ces choses.
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